Europe

La Turquie, trouble-fête de l’Euro 2020 ?

Dans quelques minutes, la Turquie donnera le coup d’envoi de l’Euro 2020 contre l’Italie, à Rome. Dotée d’une génération très prometteuse avec un sélectionneur emblématique aux commandes, les Turcs comptent bien frapper fort cet été. L’actuel 32e au classement FIFA, en grande forme actuellement, va disputer la compétition dans le groupe A avec le Pays de Galles, la Suisse et donc l’Italie. Selon de nombreux observateurs, la Turquie aura une belle carte à jouer cet été, mais saura-t-elle rééditer l’exploit de ses prédécesseurs de 2008 qui avaient atteint les demi-finales ? Voyons ensemble pourquoi il faudra compter sur la Turquie pour cette nouvelle édition de l’Euro.

Des éliminatoires convaincants

La Turquie a créé la sensation lors des éliminatoires, notamment lors de la double confrontation avec la France contre laquelle les joueurs de Senol Güneş sont allés chercher quatre points sur les six possibles. Pas toujours flamboyants mais très réguliers, les Turcs ont su aller chercher les points même lorsqu’ils ne jouaient pas leur meilleur football. On pense notamment au match retour contre l’Islande, extrêmement important pour les deux équipes, où les Turcs ont su jouer avec leurs forces et bien défendre pour arracher un précieux nul (0-0).

Une équipe basée sur la défense

La sélection turque brille d’abord par sa défense de grande qualité. Avec deux gardiens, Bayindir et Cakir, extrêmement prometteurs, les cages sont bien gardées. En défense centrale, Kabak (Liverpool FC), Demiral (Juventus) et Söyüncü (Leicester) sont solides et offrent des garanties essentielles. L’arrière droit titulaire, Celik, bien connu du championnat de France puisqu’il évolue à Lille, apporte beaucoup à la fois sur le plan offensif et défensif. Le point faible de la défense se situe certainement au poste d’arrière gauche avec Umut Meras, joueur du Havre. 

Des cadres en grande forme

La Turquie pourra compter sur des joueurs qui ont réalisé d’excellentes performances cette saison et qui vont donc disputer la compétition dans de très bonnes dispositions. On pense nécessairement à Burak Yilmaz, le Kral, qui a porté le LOSC vers le titre de champion de France. Du haut de ses 101 sélections, l’attaquant est très clairement l’arme offensive principale de Senol Güneş. Ensuite, Yusuf Yazici et Zeki Celik sont eux aussi en grande forme. Coéquipiers de Yilmaz à Lille, le premier a terminé meilleur buteur de Ligue Europa et le second a été un des piliers de Christophe Galtier, titulaire quasiment à tous les matchs. 

Du côté de la défense, Söyüncü a réalisé une excellente saison, indéboulonnable dans le 11 de départ de son équipe, il a notamment remporté la FA Cup avec Leicester.

Enfin, Hakan Calhanoglu, maître à jouer du Milan, sort aussi de très bonnes performances globales cette saison, où son association avec Zlatan Ibrahimovic a très souvent fait mouche.

Un pays tout entier derrière sa sélection

En ces périodes assez compliquées pour le population turque (notamment en raison de la crise de la Covid-19), la réussite de l’équipe nationale fait le plus grand bien au moral. Les rivalités entre clubs, mêmes les plus fortes, sont mises de côté pour soutenir à fond les joueurs de la sélection. L’Union sacrée est déclarée et c’est maintenant tout un peuple qui est derrière son équipe. Connaissant le fonctionnement “à l’émotion” des joueurs turcs, nul doute que ce type de soutien leur permettra de réaliser de grands exploits.

Un sélectionneur mythique

Déjà sélectionneur de la Turquie lors de la fabuleuse aventure de 2002 où le pays avait terminé à la troisième place de la Coupe du Monde, Şenol Güneş a repris le flambeau de l’équipe en février 2019. L’objectif affiché était de qualifier la Turquie pour un deuxième Euro consécutif. Le contrat est maintenant rempli et Güneş n’a jamais caché son ambition, évoquant qu’il rêvait d’une finale. Et puis après tout, pourquoi pas…

Le onze type

Le pronostic

On le sait, la Turquie est une équipe qui réserve souvent des surprises. Alors que personne ne misait sur eux avant l’Euro 2008, ils ont réussi à se hisser en demi-finale suite à plusieurs matchs incroyables contre la Tchéquie en poules ou la Croatie en quarts de finale.

On le rappelle, la Turquie possède l’effectif le plus jeune du tournoi avec une moyenne d’âge de 24 ans et 352 jours. Cette fougue et cette insouciance, contrebalancée par quelques joueurs très expérimentés, pourrait bien faire mouche. Récente tombeuse des Pays-Bas, la Turquie doit se donner les moyens de ses ambitions, sans se laisser déborder par l’événement. Ce manque d’expérience peut lui faire défaut, surtout lorsqu’il faudra défendre bas, ce qui est assez probable contre l’Italie mais aussi contre d’autres nations offensives comme la Suisse.

On ne se mouillera donc pas trop en disant que la Turquie peut créer la surprise lors de cet Euro, à condition de bien débuter dès ce soir, face à l’Italie, invaincue depuis plus de 20 matchs. Dans un groupe aussi homogène que celui-ci, la deuxième place devrait être abordable mais restera très disputée contre des sélections aussi expérimentées que la sélection helvète.

Le groupe et le calendrier de la Turquie

Groupe A : Italie; Turquie; Pays de Galles; Suisse

  • Le 11 juin, à Rome : Italie – Turquie (21h)
  • Le 16 juin, à Bakou : Turquie – Pays de Galles (18h)
  • Le 20 juin, à Bakou : Suisse – Turquie (18h)

Crédits Photos : IMAGO

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