Europe

Henk Veerman, Géant Orange

À travers le monde, le football ne cessera jamais d’étonner. En faisant le tour de ses championnats, ses clubs, ses présidents, ses entraîneurs ou ses joueurs, il y aura toujours une particularité qui méritera d’être soulignée. C’est le cas avec le joueur que nous allons présenter aujourd’hui : Henk Veerman, buteur de Heerenveen.

Enfant de la ville

Né en 1991, le Néerlandais va grandir à Volendam, à 20 kilomètres au Nord d’Amsterdam. C’est ici qu’il va faire sa scolarité, ainsi que ses classes footballistiques au RKAV, petit club du dimanche, branche amateur du plus grand club de la ville.

La belle ville cotière de Volendam (Crédit photo : Holland.com)

Veerman va alors goûter pendant longtemps le football amateur, chez les jeunes, où encore en Seniors, notamment en Hoofdklasse, cinquième échelon du football néerlandais. Ce n’est qu’en 2012, à déjà 21 ans, qu’il va être pris dans les rangs du FC Volendam. Enfin le début des choses sérieuses, ou presque. On l’envoie une petite saison chez les « Beloften » (Championnat des Réserves), contenant entre autres les U21 de l’AZ. 14 buts en 16 matchs, Veerman devient meilleur buteur du championnat.

La saison 2013/2014 sera une saison de transition, participant encore au Championnat Espoirs (plus relevé, Volendam ayant obtenu la promotion en U21), et en même temps commencer doucement à être intégré au groupe pro. Veerman va inscrire 9 buts avec les Jeunes, en seulement 14 matchs, et être dans les 5 meilleurs buteurs. Plutôt bel exploit, sachant qu’il se trouve dans une équipe très faible, comparée aux autres. C’est aussi cette année qu’il découvrira un championnat professionnel : l’Eerste Divisie. Notre buteur va se contenter d’apparitions sporadiques, pour faire reposer les titulaires. Ce qui va servir, comme lorsqu’il rentre à la 80e minute contre le VVV-Venlo, et qu’il marquera le but égalisateur 6 minutes plus tard.

Le déclic arrivera pourtant en fin de saison, plus précisément lors de l’avant-dernier match. 1-1 contre les légionnaires de l’Achilles’29, et Veerman rentre en jeu à la 67e minute, Score final 5-1. Les 4 autres buts ? Tous inscrits par notre buteur rentré en jeu. Une boucherie offensive, qui leur permettra de croire encore aux Playoffs de promotion. Ils n’y croiront cependant que 4 jours, perdant leur dernier match de championnat face au…. VVV-Venlo (4-0), qui leur empêchera d’y accéder au goal average, 9e derrière le Fortuna Sittard.

2014/2015, c’est la confirmation. Il appartient cette fois-ci entièrement à l’Équipe A. Après deux bons premiers mois en tant que supersub, le néerlandais va enfin pouvoir démarrer un match, contre Maastricht. Doublé déterminant, ce qui ne va plus lui faire lâcher la place de titulaire. Cette confiance va être parfaitement renflouée : 14 buts et 3 passes décisives sur les 15 matchs suivants, et le néerlandais va s’envoler vers l’élite dès le mercato hivernal, du côté de Heerenveen.

(Crédit Photo : Tjerkstra Media)

Le profil technique

La question se pose : comment l’Eredivisie n’a-t-elle pas pu poser ses yeux sur Henk Veerman avant ses 24 ans ? Pourtant, on pouvait le voir venir de loin, ce grand blondinet de 2m01 qui peut tout écraser sur son passage.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il sait se servir de ses pieds, et sûrement mieux que sa tête. Sans être une machine de guerre technique, il est capable de servir un coéquipier d’une remise ou d’une déviation. Mais là où il est dangereux, c’est dans ce qu’on appelle la surface de réparation.

Loin d’être un spécialiste des frappes de loin, il est pourtant capable de te balancer une mine, notamment en première intention ; d’être dos au jeu, de pivoter, d’éliminer le défenseur d’un superbe contrôle et de tuer le gardien ; ou encore de prendre à contre-pied le gardien. Alors en plus, si tu es un attaquant pivot doté d’une bonne science du placement, et d’une vitesse surprenante pour quelqu’un de son gabarit, tu peux devenir très embêtant pour les défenses adverses. Défenses qui vont d’ailleurs commencer à le connaître, mais pas tout de suite.

La dure réalité de l’Elite

Les débuts dans l’élite néerlandaise vont se faire comme à Volendam, très lentement. Arrivé au moment où l’allemand Mark Uth terrorise les défenses (20 buts à la fin de la saison), Veerman est clairement là pour faire banquette. Cela le mène à deux buts en 14 matchs, où il ne sera titularisé qu’une seule fois, celui où Uth va être forfait. La confiance règne, et Heerenveen terminera à une bonne 7e place.

Mark Uth parti pour Hoffenheim pendant l’été, Veerman n’aura pas non plus une grande confiance durant la saison 2015/2016. L’entraîneur Dwight Lodeweges préférera aller chercher Mitchell te Vrede, buteur correct du Feyenoord. Veerman va donc encore devoir faire banquette, titularisé seulement 13 fois, pour quand même 6 buts et 3 passes décisives. Suite à un début de saison catastrophique, l’entraîneur sera renvoyé, le suivant limitera la casse, et Heerenveen termine dans le ventre mou.

Belote, rebelote et dix de der pour les deux saisons suivantes. Jurgen Streppel arrive sur le banc, et ne va non plus accorder aucune confiance au Néerlandais, préférant l’Iranien Reza Ghoochanejad. Ce dernier lui donnera d’ailleurs raison, avec une saison à 20 buts d’entrée de jeu. Veerman continue de ronger son frein : aucune titularisation en Eredivisie en 2016/2017, 6 la saison suivante, ce qui lui fait passer difficilement les 5 buts par saison.

Après 3 ans à attendre, le colosse perd patience, lui qui ne s’est jamais imposé, mais qui n’a jamais eu la moindre confiance d’un entraîneur. Les intéressés pour le prendre se font rares, mais pas inexistants.

L’Escapade allemande

Notre géant arrive alors à Sankt Pauli pour 1 million, club de 2.Bundesliga avec une identité anti-fasciste très marquée et très populaire, qui enchaînait les bonnes et mauvaises saisons en 2.Bundesliga depuis 2011.

Les débuts se font sur la pointe des pieds. Quelques buts contre Köln ou encore l’Union Berlin, mais il va attendre pendant 2 mois. Le FCSP de Markus Kauczinski commençant de manière irrégulière, changeant régulièrement les acteurs du match, dont Veerman. Jusqu’au mois de novembre, où il va réussir à être efficace en sortie de banc, puis en tant que titulaire. Enchaînant les matchs en étant décisif, semblant avoir trouvé son 4-2-3-1 avec Veerman pivot et une triplette Sobota – Allagui – Miyachi, patatras. 22 décembre 2018, 37e minute contre Magdeburg, dernier match avant la trêve hivernale : rupture du ligament croisé. Saison terminée pour notre géant, qui ratera même une petite partie de la saison suivante. Sankt Pauli terminera à la 9e place, à l’exact milieu du tableau. Qui sait ? Il y a des chances que Veerman ramène des points supplémentaires.

La saison 2019/2020 commencera pour lui à la mi-octobre. Reprenant doucement en Regionalliga, on pourra voir le géant revenir en championnat au mois de novembre. Problème : Sankt Pauli a décidé de changer d’entraîneur, se tournant vers le moustachu Jos Luhukay. Entraîneur avec une belle philosophie, avec un grand succès dans ce championnat, faisant remonter Gladbach, Augsburg, ou encore le Hertha. Cependant, le courant ne passera jamais entre lui et les joueurs en marron et blanc, à travers des changements tactiques incompris, et des discussions internes qui ont mal tourné, ce qui mènera à une bonne saison galère.

Malgré tout, le super-héros qui va sauver le quartier de Hamburg, c’est bien Henk Veerman. Sa polyvalence, ajoutée au fait qu’il ait retrouvé son explosivité et son physique, va faire tellement de bien au FCSP. 11 buts et deux caviars en une vingtaine de matchs, ce qui va permettre de se sauver de justesse.

(Crédit Photo : Sportnieuws)

Au grand malheur des fans qui l’avaient clairement adopté, le géant néerlandais a des envies d’ailleurs, avec un meilleur climat. Un temps annoncé à Charleroi, ou encore Paderborn, l’occasion d’un retour à Heerenveen se fait entendre. Il saute alors sur l’occasion : contrat de 3 ans, et indemnité de 800.000 euros.

Le retour gagnant

Henk revient alors dans le club qui lui a fait découvrir l’Elite néerlandaise, précisément pour la 100e année du club, autant vous dire qu’il n’a plus envie de rire. Entourés par des jeunes excitants et doués comme Benjamin Nygren, Arjen Van Der Heide, Rodney Kongolo ou encore Joey Veerman (ça ne s’invente pas), la grande tige a toutes les cartes en main pour faire mieux. Sans oublier l’arrivée future du maestro Siem de Jong pour janvier !

Comment vous dire que son début de saison, c’est mieux, et même bien plus ? 13 matchs, 9 buts, 3 passes décisives. Présent même dans les raclées prises contre l’Ajax, et avec une efficacité pour le moment monstrueuse, comme le prouve l’infographie suivante :

Simple excès de confiance, ou confirmation d’un profil rare ? Seuls les prochains mois pourront nous le dire. N’empêche qu’avec ses qualités indiscutables, ainsi que les très bons coéquipiers qu’il a à sa disposition, tous les voyants sont aux verts. Il suffit de prier pour éviter une grosse rechute, et que la défense de Heerenveen tienne le coup, afin de pourquoi pas rêver d’Europe, en club, comme en sélection…

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