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Europa League : Lokomotiv Moscou, le moment ou jamais pour s’imposer

Nouvel article, nouvelle équipe européenne présentée par Derniers Défenseurs ! Aujourd’hui, un sujet qui risquerait fort de passer trop vite à la trappe. Après 3 saisons consécutives en Ligue des Champions, le Lokomotiv retombe en Europa League, dans une poule où elle est clairement l’équipe la moins clinquante des quatre. Pourtant, les Russes ont de bons arguments pour pouvoir jouer les trouble-fêtes médiatisés. C’est ce que nous allons voir maintenant !

La situation du Lokomotiv

Comme annoncé en introduction, le Lokomotiv côtoie à nouveau le haut niveau du football russe et européen. Après une période de vache maigre au début des années 2010, la saison 2016-2017 va marquer un nouveau tournant dans leur histoire. Premièrement, le retour sur le banc de Yuri Syomin, légende absolue du club, qui va mener le club à des titres de champion dans les années 2000, au point d’être à deux doigts de sortir Monaco en Ligue des Champions lors de la fameuse saison 2003-2004… Ce passage sera notamment marqué par l’arrivée de gros noms (Farfan, Höwedes, Krychowiak..), la mise en avant de jeunes talents comme les deux frères Miranchuk, ou même des trophées, comme une Coupe de Russie en 2017, mais surtout un titre de champion l’année suivante !

Tout cela nous mène au plan européen, mêlé entre gloire et déceptions. Vous vous souvenez peut-être de l’exploit en seizièmes de finale d’Europa League 2017-2018 contre l’OGC Nice. Doublé de Mario Balotelli, puis un triplé de Manuel Fernandes, avec supplément victoire à Moscou. Une belle époque. Après une élimination au tour suivant contre l’Atletico en quête de C3, vient le temps de la Ligue des Champions. C’est là que le bât blesse, étant donné que les trois passages seront expédiés. Porto, Schalke, Galatasaray ? Trois petits points. Juventus, Atletico, Bayer Leverkusen ? Trois petits points. Bayern, Atletico, Red Bull Salzburg ? Trois petits points. Belle régularité !

Pour enfin arriver au contexte actuel, le Lokomotiv a connu une saison 2020-2021 pour le moins compliquée. Alexei Miranchuk s’est envolé pour l’Atalanta. Syomin s’en est allé, remplacé par le déjà expérimenté Marko Nikolic, fort de deux belles saisons au Fehérvar. Des troubles internes ont mené à un énième changement de président. Malgré ce panier de crabes, le Lokomotiv a enchaîné deux grosses séries de victoires, les menant à une solide troisième place. En cerise sur le gâteau, une neuvième Coupe de Russie, en battant le Krylya Sovetov, pensionnaire de deuxième division. Ce qui les mène directement vers les poules d’Europa League.

Equipe-type et amorce tactique

Le potentiel 11 type du Lokomotiv

Voilà comment devrait le Lokomotiv devrait s’aligner sur la saison. Un 4-4-2 tout à fait classique, étant d’ailleurs le système de jeu avec lequel le Fehérvar avait éliminé Bordeaux en barrages d’Europa League il y a déjà quelques années. C’est aussi avec ce même système qu’il fut sacré deux fois champion de Serbie avec le Partizan. Nikolic est aussi assez amoureux des systèmes avec un numéro 10, quand le jeu s’y prête un peu plus. Dans le football russe, ayant une idée de jeu assez défensive, les adversaires sont déjà plus difficiles à piéger, laissant moins de brèches. C’est d’ailleurs comme cela que le Lokomotiv terminait neuvième du championnat à la trêve hivernale. Le changement de système avec notamment un milieu à trois solide devant la défense, puis Zhemaletdinov en meneur de jeu a changé bien des choses.

Pour parler du contexte actuel : Nikolic se permet de revenir à sa vieille recette. Pour la bonne raison que son directeur sportif lui a trouvé des joueurs capable de répondre à ses attentes. Qui est-ce ? Et bien nul autre que Ralf Rangnick, messieurs dames ! Première tête pensante du succès du groupe Red Bull, l’Allemand est de retour dans les affaires, direction la capitale russe.

L’objectif de Ralf Rangnick est assez simple : rajeunir l’équipe tout en améliorant sa qualité. Cela passe en premier lieu par les départs de cadres. Corluka ? Merci pour tout. Eder ? Rires dans la salle. Kvirkvelia ? Merci pour tout. Le deuxième gardien Anton Kochenkov, qui a bien servi ? Direction Arsenal Tula. Cependant, le grand mouvement dont vous avez probablement entendu parler, c’est Grezgorz Krychowiak à Krasnodar. Même s’il fut très impressionnant durant ses 3 saisons là-bas, on se débarrasse d’un gros salaire et d’un joueur qui a semblé par moments sur le déclin (il n’y a qu’à voir son Euro 2020).

Pour parler des arrivées, on peut déjà vous dire que des risques ont été pris. Presque 30 millions d’euros ont été dépensés, autant vous dire que personne n’a fait mieux. A tel point que si ça ne fait pas quelque chose de sérieux en Ligue des Champions ou en championnat, ça risque fort de tirer la gueule à la compta. Le premier transfert qui vient à l’esprit pour nous Français, c’est évidemment Alexis Beka Beka pour 6 millions d’euros. Grand, puissant, polyvalent, très bon dans le jeu long, capable de quelques projections, il a probablement tapé dans l’oeil lors du fiasco de Tokyo. Avec de telles qualités, il semble presque évident qu’il va s’imposer là-bas, dans un double pivot classique avec Kulikov ou Barinov. En tout cas on lui souhaite.

Beka Beka ne serait pas le premier français à briller en Russie s’il y arrive…

Deuxième recrue de choix, le défenseur central Tin Jedvaj, qui n’a jamais marché en Bundesliga, malgré tous les espoirs qu’on pouvait lui donner. Il a malgré tout de bonnes qualités, plutôt fin physiquement, capable de monter très haut avec parcimonie. C’est surtout dans l’aspect défensif que le Croate a des difficultés. Associé à un joueur expérimenté comme l’ancien Bordelais Pablo (ou alors Murilo ? Magkeev ?), peut-être qu’on arrivera à corriger ces failles ?

Nous avons aussi dans ce recrutement une « vendetta » de Rangnick envers le rival du CSKA. En effet, le milieu très prometteur Maksim Mukhin s’en est allé pour cher. C’est dans ces conditions que le Lokomotiv s’est permis d’aller piocher Nair Tiknizyan, jeune latéral gauche qui est capable de monter assez haut, ainsi que Konstantin Maradisvhili pour 7 millions, un jeune milieu récupérateur correspondant bien au système de Nikolic. Transfert très osé, l’idée est probablement de lui donner la place de titulaire indiscutable à la fin de la saison.

On peut aussi noter la signature de l’ailier néerlandais Gyrano Kerk pour 6 millions en provenance d’Utrecht. Pas le plus décisif en Eredivisie, il sera repositionné en second attaquant aux côtés de Smolov, parce qu’il a un bon sens du jeu, capable d’aider sur de nombreux aspects de jeu. Enfin, on a l’arrivée en prêt avec option d’achat de 17 millions d’euros pour Faustino Anjorin, longtemps annoncé à Chelsea comme un très gros espoir. Le flou reste sur lui pour savoir où et combien de matchs il jouera ?

Ces recrues vont avoir objectif de se coupler aux cadres déjà présents depuis quelques temps. A commencer par Guilherme, le vétéran naturalisé dans les cages. L’ancien Lyonnais Maciej Rybus, particulièrement solide défensivement. Anton Miranchuk, l’autre frère, quand les blessures voudront le laisser tranquille. Le bien connu François Kamano, que l’on sait à la fois irrégulier et capable de dynamiter un match comme un grand. Enfin, Fedor Smolov en buteur-né, qui commence bien la saison avec six buts en sept matchs de championnat.

L’objectif est assez clair avec un tel recrutement : le titre de champion, ou la Ligue des Champions au minimum

Le joueur à suivre

Dans cette équipe qui a déjà bien progressé sur le papier, on mise une pièce et un projecteur sur Rifat Zhemaletdinov, dont nous avons déjà parlé. Créatif, cette fois-ci positionné en tant que meneur de jeu excentré qui repiquera souvent dans l’axe. Les portes de la Sbornaïa lui ont d’ailleurs été ouvertes cette année, ayant pu participer à la Bérézina de l’Euro 2020. C’est un joueur somme toute assez complet, avec de bonnes qualités physiques notamment dans ses courses, qu’il sait aussi quand et comment faire. On peut lui ajouter une bonne qualité de passe, qu’elle soit pour décaler un coéquipier, vers l’avant ou surtout pour couper des lignes (ce qui marcherait bien avec des joueurs rapides comme Kamano ou Kerk). Un joueur capable d’orfèvrerie dans un ensemble assez cohérent, c’est tout ce que nous demandons.

Pronostics et calendrier 

On ne va pas se mentir, le Lokomotiv est tombé dans un groupe E des plus relevés, à tel point que même certains de Ligue des Champions semblent moins forts : Galatasaray, Lazio, Marseille. Sur le coup, il semble difficile d’espérer que les Moscovites fassent un énorme coup. Quand on voit que l’OM de Sampaoli arrive à nous à émerveiller chaque semaine, c’est un peu incongru. On peut aussi répéter ce constat pour Maurizio Sarri, qui impose déjà sa patte à la Lazio. Le champ semble malgré tout libre pour la troisième place, emmenant directement vers les seizièmes de Conference League. Galatasaray est un club troublé à beaucoup de niveaux, et pour parler seulement de jeu… bah c’est du Fatih Terim. Pas vraiment besoin d’aller plus loin. Si le Lokomotiv veut retourner en Ligue des Champions, il faudra faudra en tout cas réussir son passage par cette gare.

Groupe E :

  • Lokomotiv – Olympique de Marseille, le 16 septembre à 18h45
  • Lazio – Lokomotiv, le 30 septembre à 21h00
  • Lokomotiv – Galatasaray, le 21 octobre à 21h00
  • Galatasaray – Lokomotiv, le 4 novembre à 18h45
  • Lokomotiv – Lazio, le 25 novembre à 18h45
  • Olympique de Marseille – Lokomotiv, le 9 décembre à 21h00

Crédits photos : IMAGO

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