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Ligue des Champions : Benfica prêt à renouer avec la gloire

Deux finales d’Europa League et autres quarts de finale de Ligue des Champions. Au début des années 2010, Benfica était un club qui comptait énormément dans les compétitions européennes. Mais depuis quatre ans, le club rame. Une campagne à 0 point et des désillusions successives en Europa League ont eu raison du moral des supporters. Heureusement, l’horizon s’éclaircit enfin, au moins sur le terrain. Présentation d’une équipe qui arrive en Ligue des Champions pleine d’ambitions.

« Nous allons jouer le triplé [championnat et coupes] ». Tels étaient l’été dernier les mots de Jorge Jesus lors de sa prise de fonction comme nouvel entraîneur de Benfica, après avoir brillé au Brésil. Un an plus tard, force est de constater que le Mister s’était montré bien trop optimiste quant à cette saison 2019-2020 qui a finalement été synonyme de saison blanche. Entre le caractère explosif de cet entraîneur, des joueurs qui ont eu du mal à répondre aux espoirs placés en eux, le COVID et enfin des problèmes aux plus hauts échelons du club, la saison de Benfica a été grandement décevante. Mais parfois, il faut savoir reculer pour mieux sauter. Et le début de saison de ce Benfica version 2021-2022 est pour le moment assez prometteur pour permettre l’utilisation de cette expression.

Décevoir en 2020-2021 pour plaire en 2021-2022 ?

Avec la prise de fonctions de Jorge Jesus et un mercato à plus de 100 millions d’euros à l’été 2020, les espoirs placés en Benfica étaient énormes. Et au moins au début, les résultats suivent. 15 buts en 5 matchs, un duo Waldschmidt-Darwin qui se détache et des joueurs comme Julian Weigl qui s’insèrent mieux dans le collectif. Mais très vite, les choses se dégradent. Certains joueurs attrapent le COVID et ne retrouvent pas leur état de forme, à l’image de Darwin. Quant au terrain, aucun plan de jeu défini ne s’illustre et l’équipe ne dégage plus rien. Ce sera le cas sur presque tout le reste de la saison. Bilan : une troisième place en championnat et une élimination en seizième de finale de C3 face à Arsenal. Bien heureusement, cette nouvelle saison semble s’initier sur d’autres standards.

Avec 8 victoires et un nul en 9 matchs TCC sur ce début de saison, les débuts des Aigles sont tonitruants. Déjà leaders du championnat malgré des rencontres difficiles où les encarnados ont tout de même démontré une grande force de caractère, Benfica est aussi parvenu à se qualifier avec brio en Ligue des Champions. Après avoir terrassé le Spartak, Benfica s’est défait dans la douleur du PSV. Suite à un match aller équilibré, le match retour penchait largement en faveur des Néerlandais. Mais au terme d’une leçon tactique de Jorge Jesus et d’un match héroïque de certains éléments défensifs de l’équipe, le club s’en est sorti, la tête haute.

Un Benfica solide derrière, incertain devant

Le secteur défensif, justement. Il sera l’une des grandes forces de Benfica cette saison. Si en championnat le SLB joue surtout en 4-4-2, Jorge Jesus modifie son système en un 3-4-3 pour les plus grandes affiches. Un système qui permet de totalement verrouiller les derniers mètres grâce à de nombreuses individualités. S’il ne fallait retenir qu’un nom, ce serait celui de Nicolas Otamendi. Arrivé en septembre 2020 pour combler le départ de Ruben Dias, l’Argentin a été très critiqué en raison de son passé avec le FC Porto et de ses premières performances avec le club de Lisbonne. Mais finalement, il s’est mué en un vrai leader sur le terrain. Un véritable ramasse-tout aussi bien devant que dans la surface, puissant au duel et précis dans ses interceptions. Son apport est essentiel.

Lucas Verissimo a très vite pris ses marques à Benfica, en y devenant déjà l’un des meilleurs joueurs de l’équipe

Autre certitude en défense : Lucas Verissimo. Transféré en janvier en provenance de Santos, le défenseur brésilien a su démontrer une véritable force de caractère et d’énormes qualités dans son engagement, sa lecture du jeu mais aussi sa belle capacité de jeu vers l’avant. Il est déjà immuable du 11 de départ. Pour compléter ce trio, plus de concurrence. Cette place devrait se jouer tout au long de la saison entre Vertonghen et Morato. Si le premier, plus connu, est souvent blessé, le second risque d’en profiter allègrement. Et les supporters ne boudent alors pas leur plaisir. Le défenseur brésilien s’est déjà illustré comme un excellent relanceur, serein balle au pied et très sérieux dans son positionnement. Des qualités qui lui avaient permis d’être élu homme du match à Lisbonne face au PSV. Mais au-delà de la défense, les incertitudes sont ailleurs.

Si la défense est presque déjà immuable, difficile encore d’avoir une composition type sur l’aspect offensif de l’équipe. Mais débutons pas les joueurs sur lesquels il n’y a déjà plus de doute à avoir, au moins pour les matchs de C1. Au milieu de terrain, difficile d’imaginer autre chose que le duo entre Julian Weigl et João Mario. L’ancien joueur du Borussia Dortmund s’est imposé dans son rôle de sentinelle et de première rampe de lancement vers l’avant. L’ancien meneur de jeu du Sporting a quant à lui retrouvé un niveau très élevé et s’est montré essentiel dans son apport entre les lignes.

Sur la ligne du dessus, difficile également d’imaginer une absence de Rafa Silva. Joueur clé et fiable de l’attaque de Benfica, l’ailier portugais répond toujours à l’appel lors des grands matchs. Roman Yaremchuk, recruté cet été à La Gantoise et donnant pour le moment pleine satisfaction aux supporters comme à l’entraîneur, devrait aussi trouver sa place en pointe. Mais sur l’unique place qui reste devant – ou les deux selon le système – difficile d’en savoir plus. Ils seront en effet nombreux à se la – les – disputer. Pizzi, Gonçalo Ramos, Darwin Nuñez, Rodrigo Pinho, Everton, Radonjic, Seferovic… Il est encore difficile d’établir une conjecture sur le visage complet qu’aura cette attaque. En Ligue des Champions, on peut d’ailleurs s’attendre à ce qu’il s’agisse du secteur de jeu de Benfica qui évoluera le plus en fonction de l’adversaire.

Le potentiel 11 de Benfica en Ligue des Champions

Le joueur à suivre

Transféré en provenance de La Gantoise cet été pour 17 millions d’euros, Roman Yaremchuk sera l’une des principales attractions de Benfica cette année. L’avant-centre de 25 ans est en même temps bien connu du public européen. Et pour cause, le joueur s’était formidablement illustré cet été par ses prestations à l’Euro. Avec la sélection ukrainienne, il y avait inscrit 2 buts et délivré 1 passe décisive en 5 matchs. Si de nombreuses grosses écuries européennes étaient sur le dossier, c’est finalement le club portugais qui a raflé la mise. Un choix en partie dû aux conseils de son sélectionneur Andriy Shevchenko, lui-même ami avec le nouveau président du SLB, Rui Costa. Avec Benfica, Roman Yaremchuk découvrira la Ligue des Champions pour la première fois de sa carrière.

Et Yaremchuk dans le jeu, ça donne quoi ? Attaquant au profil absolument complet, l’Ukrainien a très vite apporté une plus-value au collectif benfiquista. Dans les rôles qu’il peut occuper, il sait aussi bien prendre la profondeur qu’endosser une fonction de pivot dans la surface adverse. C’est un joueur tout de même rapide et physique, à l’aise dans le domaine aérien. Le plus marquant chez Yaremchuk se retrouve dans sa technique. Il s’agit d’un joueur à l’aise dans son rapport au ballon, bon dans la conservation mais qui sait aussi jouer vite en une touche de balle. Devant le but enfin, et c’est peut-être là le plus important, c’est un vrai tueur. Il est bon de la tête et des deux pieds tandis qu’il est plein de sang-froid face au gardien. Joueur puissant et précis, il sait aussi frapper de loin. Avec Rafa, il sera l’atout offensif principal du SLB.

Quelles attentes en Ligue des Champions ?

Acteur du groupe E aux côtés du Bayern Munich, du FC Barcelone et du Dynamo Kyiv, les Aigles héritent d’un groupe difficile où un classement pourrait (a priori) déjà se définir. Mais il y aura certainement quelque chose à aller chercher pour les Portugais. En difficultés en Ligue des Champions depuis quelques années maintenant, Benfica doit redorer son blason aux yeux du continent. Et cela fait longtemps que les armes dont disposent les encarnados n’ont pas été aussi bonnes.

Place au pronostic. Elément le plus expérimenté et le plus stable du groupe, le Bayern semble favori pour la première place. Derrière, le Barça aura à cœur d’assurer la seconde place et une qualification en huitièmes. Mais là, Benfica aura son mot à dire pour jouer les troubles fêtes face au FC Barcelone le plus faible de ces dernières années. En assurant face au Dynamo Kyiv et en tentant de remporter l’une des deux manches face aux Catalans, la qualification pourrait être acquise pour le club portugais. Sinon, une troisième place restera le minimum exigé aux hommes de Jorge Jesus.

Crédits Photos : IMAGO

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