Belgique

Europa League : l’Antwerp, une équipe en reconstruction

A l’issue du tirage au sort des groupes de l’Europa League, on a pointé le groupe D comme un des plus chauds au niveau des ambiances dans les stades avec l’Olympiakos, Fenerbahçe ou encore l’Eintracht Francfort. Et l’Antwerp alors ? Que peut-on attendre de cette équipe belge qui n’est revenue que depuis peu sur la scène euopéenne ?

C’était il y a quelques mois. Une double confrontation face aux Rangers. Deux défaites mais deux matchs riches de 14 buts (3-4 à Anvers puis 5-2 à Glasgow). Il n’y a pas à dire : l’équipe sait soigner sa sortie, après avoir notamment battu Tottenham en phase de poules. Un mercato plus tard, le temps de transférer 15 joueurs – dont la plupart sont des titulaires en puissance – et de faire venir un nouveau coach (le Danois Brian Priske a remplacé Francky Vercauteren, avec qui ça n’a jamais vraiment collé), l’équipe n’est plus la même. Il fallait bien ça, notamment dans le secteur offensif, pour compenser les départs de Lior Refaelov et Dieumerci Mbokani, tous deux 35 ans mais encore parmi ce qui se faisait de mieux en Jupiler Pro League, et d’un Lamkel Ze ingérable mais tellement déroutant balle au pied.

Résultat de cette grande lessive estivale, le groupe doit encore peaufiner ses automatismes et cela a bien failli lui coûter sa place en Europa League puisque l’Antwerp s’est incliné 4-2 lors du barrage aller à l’Omonia Nicosie avant de renverser la vapeur 2-0 au retour et de se qualifier aux tirs au but grâce au gardien Jean Butez, qui a stoppé deux tirs chypriotes.

Brian Priske en a profité pour se mettre le vestiaire dans la poche en débarquant à moitié à poil en conférence de presse. La mise en route s’opère également en championnat puisqu’après deux défaites inaugurales, les Anversois se sont réveillés en allant battre le Standard 2-5 et sont invaincus depuis quatre rencontres. Reste encore à voir comment les transferts arrivés en toute fin de mercato s’intègreront à l’équipe.

Quelle animation pour encadrer les nouveaux ?

Ces dernières saisons, au gré des coachs, l’Antwerp a souvent évolué avec une défense à 3 (ou à 5, c’est selon). La présence de trois solides défenseurs centraux pourrait inciter Priske à faire de même, bien que le coach danois n’ait pas encore adopté ce système cette saison et que son passé à Midtjylland ne renseigne pas un amour particulier pour ce schéma tactique.

Dans ce cas, il faudrait faire un choix entre Ritchie de Laet, au sommet de son art à 32 ans, Björn Engels, un solide joueur de retour en Belgique pour se relancer après un passage délicat à Aston Villa, et Dorian Dessoleil, le capitaine de Charleroi arrivé cet été pour 2,5 millions. Sur les flancs, Aurélio Buta et Jelle Bataille ont le coffre et la vitesse qu’il faut pour enchaîner les raids et ainsi prendre tout le couloir. Au milieu, Birger Verstraete semble prendre le dessus sur Haroun et Yusuf pour épauler Radja Nainggolan, le transfert de l’été en provenance de l’Inter, pour ce qui s’annonce comme un entrejeu musclé.

Le secteur offensif est celui qui suscite le plus de questions. A commencer par l’identité du numéro neuf. Le Suisse Michael Frey (transféré de Waasland Beveren) semblait le remplaçant à court terme de Mbokani en attendant un attaquant de plus gros calibre, opération concrétisée avec la venue en dernière minute d’Ally Samatta, meilleur buteur de la Jupiler Pro League 2018-2019 (le Tanzanien est prêté par Fenerbahçe). Sauf que Frey a démarré en trombe et trône actuellement au rang de meilleur buteur du championnat avec 8 buts dont un quintuplé sur la pelouse du Standard.

Pour soutenir le numéro neuf, la concurrence fait tout autant rage. Difficile de dégager les favoris entre Michel-Ange Balikwisha, un ailier de 20 ans transféré pour 5 millions en provenance du Standard après une seule saison pro, Viktor Fischer, l’ancien de l’Ajax à la relance après plusieurs blessures, Manuel Benson, ultra doué techniquement mais que le club avait prêté à Zwolle la saison dernière, et Koji Myoshi, seul des quatre qui était là il y a un an mais qu’il ne faudra pas cramer après qu’il ait enchaîné avec les JO cet été. Dans un registre moins technique, Pieter Gerkens peut également faire mal par ses infiltrations et son abattage. Nana Ampomah et Nill De Pauw sont aussi des alternatives mais ils ne semblent pas être les premiers choix du coach.

Le joueur à suivre : Radja Nainggolan

Ces dernières saisons, l’Antwerp a vu plusieurs ancien Diables Rouges en fin de carrière transiter par le club, sans beaucoup de succès, on pense notamment à Kevin Mirallas et Steven Defour. A Anvers, on espère que les choses seront différentes avec Nainggolan, d’autant qu’il y a beaucoup d’attentes envers lui.

Le ninja est un enfant de la ville, c’est là qu’il a grandi et été formé (dans le club rival du Beerschot) avant de connaître une brillante carrière italienne, de Piacenza à l’Inter en passant par Cagliari et l’AS Rome. A 33 ans, il goûte ainsi pour la première fois aux joies du championnat belge. Le public n’attend qu’une chose : pouvoir admirer en vrai ses tacles de gladiateurs et sa frappe de mule.

Il y a moins d’un an, Nainggolan devenait, tout comme Jan Vertonghen, ambassadeur du Beerschot, le club ennemi

Crédits photos : IMAGO

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