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Conference League : Vitesse retrouve l’Europe avec ambition

Après quatre ans d’absence, Vitesse Arnhem retrouve ce soir la Coupe d’Europe. Avec un entraineur à la philosophie très moderne, Vitesse est une des belles équipes d’Eredivisie. Dans cette Conference League, les Jaunes et noirs se retrouvent dans un groupe compliqué, mais tout de même à leur portée.

Habitué à jouer la première partie de tableau en championnat, Vitesse a encore passé un cap supplémentaire la saison passée. Les joueurs de l’entraîneur allemand, Thomas Letsch, ont fini à la quatrième place du classement (leur meilleur classement depuis 2012-13), synonyme d’accès direct au troisième tour de qualification de la Conference League.

Leur parcours 

Pour arriver jusqu’à la phase de poules de la nouvelle compétition européenne, le chemin était loin d’être un long fleuve tranquille. Sur leur route se sont d’abord dressés les Irlandais de Dundalk, et le match aller aux Pays-Bas ne s’est pas passé comme espéré. Menés 1-2 jusqu’à la 88e, les joueurs ont finalement su arracher le match nul grâce à un but tardif de Loïs Openda, exclu quelques minutes seulement après son égalisation. Le match retour a été plus maîtrisé. Devant au score à la mi-temps (2-0), Vitesse garde le cap malgré la réduction du score sur penalty de Dundalk à ving minutes du terme. Direction les barrages.

Au tour suivant, les Néerlandais retrouvent les Belges d’Anderlecht. Le match aller donne lieu à un festival offensif des deux équipes, bien aidé par des défenses assez douteuses. Après avoir égalisé dans les dernières minutes du match (3-3), Anderlecht rate un penalty à la 95e. Encore devant au score à la 89e, Vitesse peut donc s’estimer heureux de revenir à Arnhem avec un score de parité. 

Le match retour, une semaine plus tard aux Pays-Bas, commence sur les chapeaux de roues. Après quatre petites minutes, Wittek ouvre le score suite à une combinaison sur corner. Le piston gauche réédite son exploit pour doubler la mise grâce à une belle reprise de volée. La réduction du score à la 80e, signée Refaelov, ne change rien et Vitesse retrouve l’Europe après quatre ans d’absence.   

Les scènes de joie côté Vitesse, après la qualification contre Anderlecht.

Une vraie identité de jeu 

Loin de sa réputation récente de club satellite de Chelsea, Vitesse a acquis une certaine stabilité, laissant derrière les dizaines de prêts en provenance du club londonien. Les Jaunes et noirs ont maintenant une véritable identité de jeu, qu’ils doivent principalement à un homme : Thomas Letsch. L’Allemand fait partie de cette nouvelle génération d’entraîneurs qui n’a jamais joué au football au niveau professionnel, mais a fait son bout de chemin pour en arriver là.

Alors qu’il entraînait en Allemagne depuis quelques années, loin du niveau professionnel, il décide de poursuivre sa formation d’entraîneur à Salzburg. Il entraîne successivement les U16 puis les U18 du club avant de prendre en main ce qui fait office de réserve du club autrichien, le FC Liefering. Après une pige d’un an dans son pays natal au Erzgebirge Aue, en troisième division, il décide de revenir en Autriche en tant qu’entraîneur principal à l’Austria Vienne. L’expérience est de courte durée puisqu’il n’y reste qu’un an. Il semble maintenant avoir trouvé un peu de stabilité à Vitesse puisqu’il est au club depuis deux ans et les résultats suivent pour le moment.  

Pendant l’été 2019, les dirigeants de Vitesse cherchaient un entraîneur capable de faire évoluer l’équipe avec un style de jeu plus moderne. Les préceptes tactiques appris par Thomas Letsch à Salzburg allaient dans ce sens.

Offensivement, l’entraîneur opte pour 3-4-1-2 avec beaucoup de verticalité dans le jeu et énormément de permutations entre les joueurs offensifs. Les trois défenseurs centraux ont énormément de responsabilités à la relance. Que ce soit par la passe et la conduite de balle, chaque espace exploitable doit l’être à bon escient. Les latéraux ont quant à eux comme rôle d’exploiter les deux largeurs du terrain. Pour ça, le système leur impose d’avoir un gros volume de jeu : revenir derrière à la perte, mais aussi être présent offensivement en possession. C’est d’ailleurs le cas de Wittek, le piston gauche, qui avait montré l’étendue de sa palette offensive contre Anderlecht, lors des barrages, en inscrivant un doublé. 

Défensivement, le 3-4-1-2 se transforme en un 5-3-2 très compact. Fini la folie et les nombreuses permutations, place à une structure et une très bonne organisation. Les deux avants-centres sont primordiaux au pressing et ne faillent pas à leur tâche. Tandis qu’au milieu, les deux milieux défensifs sont accompagnés par le numéro 10 qui vient les rejoindre pour ainsi former une ligne de trois. Derrière, les pistons rejoignent les défenseurs centraux pour créer une ligne de cinq.  

Le 11 attendu durant cette Conférence League

Le joueur à suivre 

Riechedly Bazoer est assurément l’un des joueurs les plus intéressants de cette équipe. Formé au PSV pendant son enfance, l’Ajax le recrute alors qu’il n’a encore que 15 ans. Rapidement, ces prestations chez les jeunes font parler et on voit en lui un des futurs meilleurs milieux de terrain au monde. Il effectue ses débuts professionnels le 5 août 2013 avec les Jong AjaxAprès plus de 4 ans au club et 51 apparitions avec l’équipe première, Bazoer est transféré à Wolfsburg pour 12 millions d’euros. Il est alors âgé de 20 ans. Avec 25 apparitions en deux ans, le Néerlandais est loin d’avoir rentabilisé la somme mise sur la table par les Allemands. C’est pour cette raison que Wolfsburg l’a prêté successivement à la réserve de Porto et à Utrecht. Son prêt à Porto s’est révélé être un désastre. Tandis que son prêt à Utrecht, sa ville natale, s’est avéré être beaucoup plus convaincant. Suffisant pour que Vitesse soit convaincu et lui fasse signer un contrat de trois ans durant l’été 2019.  

Son arrivée à Arnhem n’était pas idéale. Après quelques problèmes disciplinaires, Bazoer a été écarté du groupe fin octobre 2019 jusqu’à nouvel ordre. La nomination de Thomas Letsch à la tête de l’équipe sonne comme un nouveau départ pour lui. Formé au poste de milieu défensif pendant toute sa carrière, c’est l’entraineur allemand qui l’essaie pour la première fois au poste de défenseur central dans sa défense à trois. Poste qu’il ne quittera plus jamais.  

La reconversion de Bazoer en tant que défenseur central est une belle réussite.

Auparavant un milieu de terrain box-to-box très complet, il est maintenant un des meilleurs défenseurs d’Eredivisie. Sa force physique et sa bonne compréhension du jeu lui permettent d’être un taulier à la récupération. Tandis que ses qualités intrinsèques de milieu de terrain, comme sa qualité de passe et d’infiltration balle aux pieds, font de lui un jour primordial pour l’animation offensive de son équipe. Comme l’indique le numéro sur son dos, c’est un vrai numéro 10 depuis la ligne arrière. Malgré son repositionnement en défense, il n’a pas pour autant perdu son sens du but. Il a fait trembler les filets à 5 reprises la saison passée. Quand il parvient à marquer, c’est uniquement sur des frappes lointaines et non sur phase arrêtée. Comme on pourrait s’y attendre de la part d’un défenseur central. 

Un défi compliqué à relever

Tirage compliqué pour Vitesse qui se retrouve dans la poule G, en compagnie de Tottenham, de Rennes et des Slovènes de Mura. Si Tottenham fait office de grand favori dans ce groupe, la deuxième place est forcément envisageable pour les Néerlandais. Les champions slovènes sont l’équipe la moins connue de la poule et probablement la plus faible. La deuxième place devrait plutôt se jouer entre Vitesse et le Stade Rennais. Les Français sont tout de même favoris, mais vu leur mauvais début de saison, Thomas Letsch et les siens doivent y croire.  

“J’estime que c’est l’un des groupes les plus coriaces possible. Par exemple, Tottenham Hotspur a disputé la finale de la Ligue des champions il y a deux ans, une compétition que le Stade Rennais a également joué la saison dernière. Mais en même temps, ces adversaires sont aussi la raison pour laquelle nous voulons tellement goûter au football européen. Vous pouvez donc voir que la Conference League n’est pas seulement la troisième compétition en Europe. Le niveau est très élevé.” 

Thomas Letsch, l’entraineur de Vitesse

Premier rendez-vous ce soir, à 18h45, pour un déplacement à Mura.  

Crédits photos : IMAGO

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