Belgique

Europa League : Genk, chaud devant !

Ces dernières années, le Racing Genk s’est spécialisé dans le repérage puis la vente de jeunes talents. Le noyau venu de tous les horizons, qui défendra les couleurs du clubs cette saison, ne fait pas exception. Avec l’Europa League comme vitrine. Alors, qui se révélera ? Qu’attendre de cette campagne européenne ?

C’était il y a un peu plus d’un mois, le 10 août dernier. Genk s’inclinait deux fois 2-1 face au Shakhtar Donetsk et était ainsi éliminé de la Ligue des Champions au stade du 3e tour préliminaire. Ce qui signifie être reversé en phase de groupes de l’Europa League. Sur le terrain, les mines sont basses, le retour d’Ukraine s’annonce long. Mais passée la déception du moment ruminée dans l’avion, il n’y a finalement pas tant de regrets à avoir. Le Shakhtar mis en place par Roberto De Zerbi était tout simplement plus fort.

Et puis, l’Europa League est une belle consolation. Evidemment, les joueurs rêvent de se frotter au gratin européen et la Ligue des Champions aurait ravi le club à tous les étages en renflouant les caisses. Mais ces dernières saisons, le Racing garde de bien meilleurs souvenirs de l’Europa League que de la Champions League. En fait, le Racing est, sans doute encore plus que la moyenne, une équipe de cycles. Dans un championnat-tremplin comme l’est la Jupiler Pro League, les équipes qui brillent sont souvent dépouillées au mercato suivant, à l’exception de Bruges dernièrement, qui arrive plus à conserver ses cadres.

Ainsi, lors de sa dernière campagne de Ligue des Champions, lors de la saison 2019-2020, Genk a fini bon dernier avec un point pris sur dix huit (révélant au passage un certain Erling Haaland sous les couleurs du RB Salzburg, auteurs de quatre buts sur les deux matchs) avec des joueurs censés remplacer l’épine dorsale de l’équipe championne la saison d’avant, qui a dû faire avec les départs de piliers comme Trossard, Pozuelo, Aidoo ou Malinovskyi.

Christian Benteke et Kevin De Bruyne avec le maillot de Genk.

C’était déjà le cas en 2011 quand l’équipe championne sous l’impulsion de joueurs comme Courtois, De Bruyne ou Ogunjimi avait quitté la phase de poule de C1 avec un bilan de trois points sur 18 la saison suivante. Entre ces très hauts et ces très bas, l’équipe s’était affirmée comme un acteur régulier de l’Europa League, avec notamment un quart de finale lors de la saison 2017-2018. Cette saison-ci, ce qui est intéressant, c’est que les Limbourgeois ont su garder leurs meilleurs joueurs.

Les mêmes qui étaient sur le terrain lors de la dernière campagne de Ligue des Champions et qui ont eu le temps de grandir ensemble jusqu’à un nouveau point d’orgue : la deuxième place de la saison passée, décrochée avec le même nombre de points que le leader brugeois après un sprint final impressionnant. Les Bongonda, Ito, Onuachu, Heynen, Lucumi et autres Hrosovsky sont restés et permettent d’envisager la compétition avec ambition, même s’il ne faudra pas sous-estimer ce groupe composé de West Ham, du surprenant Dinamo Zagreb et du Rapid Wien.

Un foot vers l’avant

Drivée par le Néerlandais John van den Brom, l’équipe est tournée vers l’offensive, faisant la part belle aux dribbleurs que sont Ito et Bongonda, pour soutenir le géant Onuachu (2m01). L’attaquant nigérian a fini meilleur buteur du dernier championnat avec 33 roses plantées en 38 rencontres. Pour accompagner le trio, Van den Brom a le choix entre le sens de l’infiltration du costaud Norvégien Thorstvedt ou de la créativité du jeune Mike Trésor, arrivé cet été pour 3,5 millions en provenance de Willem II.

Dans l’entrejeu, le duo composé par le local Bryan Heynen et par le Tchèque Hrosovsky apporte l’équilibre au 4-2-3-1. Derrière, le quatuor 100% sud-américain composé par les 3 Colombiens Cuesta, Lucumi et Munoz, ainsi que par le Mexicain Arteaga est énergique et élégant à voir jouer mais connaît encore des trous d’air qui doivent donner des sueurs froides au coach à l’heure d’aborder la Coupe d’Europe.

Le joueur à suivre : Theo Bongonda

Avec Ito, l’autre dribbleur de l’équipe, ils se complètent bien : alors que le Japonais se distingue plus par des centres vers le grand Onuachu, Bongonda cultive une autre arme lorsque les défenses se font plus repliées : la frappe de loin. En plus de l’aider à éliminer, son pied gauche lui sert aussi à décocher des frappes lourdes et flottantes, très dures à maîtriser pour les gardiens. Formé à l’Académie Jean-Marc Guillou, il s’est révélé à Zulte-Waregem avant de connaître des expérience mitigées au Celta Vigo et à Trabzonspor.

Revenu à Zulte-Waregem pour se relancer, il fait oublier les doutes le concernant et convainc Genk de déposer 7 millions sur la table, plus gros transferts réalisé entre deux clubs belges. Sur sa lancée, il confirme et devient l’un des joueurs les plus déroutants de l’élite. A tel point qu’on se demande ce que Roberto Martinez attend pour le sélectionner chez les Diables Rouges. L’explication résiderait dans son caractère, pas assez lisse aux yeux du sélectionneur. Ah, les artistes incompris…

Crédits photos : IMAGO

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