Belgique

Belgique : le point après la phase de groupe

C’est fait : la Belgique a assuré sa place pour les huitièmes de finale en terminant première du groupe B. Mais au-delà du neuf sur neuf, quels sont les principaux enseignements des premières prestations belges dans cet Euro ? Qu’attendre de la suite du tournoi ?

Résumé

Dans le groupe B composé de la Russie, du Danemark et de la Finlande, la Belgique a cartonné en empochant les trois victoires et la première place qui va avec. Ca, c’est pour l’aspect purement comptable. Dans les faits, en terme de contenu, les Diables Rouges sont en mode diésel : le pic de forme doit être atteint durant la phase à élimination directe et non pendant les poules. Cela s’est ressenti : si le premier match contre le Russie a été sans histoire (victoire 3-0), les deux suivants ont été plus laborieux. A commencer par celui face au Danemark, où les hommes de Roberto Martínez ont subi la furia locale avant de renverser le match en seconde mi-temps grâce aux entrées de Witsel, De Bruyne et d’Eden Hazard (victoire 1-2). La rencontre face à la Finlande a, elle, mis en lumière le manque de rythme proposé ce jour-là par l’équipe (remaniée). La victoire 0-2 ne s’est dessinée que dans le dernier quart d’heure avec un peu de réussite.

Tactique

Roberto Martínez apparaît une nouvelle fois comme l’incarnation de la constance. Le 3-4-2-1 mis en place par le Catalan n’a surpris personne tant ce système est prôné depuis des années par le staff. Certains ajustements ont beau être opérés, les joueurs qui l’appliquent ont beau changer, le schéma reste le même. Ce qui a le mérite de maintenir les automatismes et la confiance engrangée depuis le début de l’ère Martínez. Pour surprendre les adversaires, le diable est de plus en plus souvent dans les détails (comme le placement de Lukaku sur les flanc) et dans le talent.

Les tops

Romelu Lukaku est clairement le premier nom qui vient en tête à l’heure d’évoquer les satisfactions. 3 buts en 3 matchs (ce qui porte son total à 62 pour l’équipe nationale), opportuniste à souhait, l’attaquant de l’Inter a confirmé qu’il pouvait créer des occasions à partir d’un rien. Cela s’est surtout vu contre le Danemark où, après une première mi-temps très difficile, ses deux rushs sur le flanc droit ont fait la différence pour amener les deux buts. Sans que cela n’apparaisse dans les statistiques.

Autre point positif, le retour rassurant des trois cadres incertains (Witsel, De Bruyne et Eden Hazard). Pour le premier cité, le comeback est particulièrement impressionnant : son niveau optimal semble déjà retrouvé alors qu’il ne devait, en principe, pas disputer cet Euro suite à sa rupture du tendon d’achille encourue en janvier. Reste à savoir, s’il saura maintenir cette intensité. Le retour de Kevin De Bruyne n’a pas été moins fracassant : son choc tête contre tête avec Rüdiger en finale de Ligue des Champions semble déjà loin. Le divin rouquin a d’emblée mis les choses au point avec un but et un assist contre le Danemark. Concernant Eden Hazard, plus discret, sa dernière prestation un peu hésitante contre la Finlande ne doit pas faire oublier ses très bonnes rentrées au jeu. Ni le fait qu’il a couru presque 11 kilomètres lors de ce dernier match, soit plus que n’importe quel autre titulaire. Dans l’ombre de ces trois retours, mention spéciale à Lieven Maesschalck, le physiothérapeute, présenté comme un véritable magicien dans son domaine et qui n’est pas étranger à ces trois remises en forme.

Les flops

Difficile de pointer de véritables flops après trois victoires, même si certains ont moins rassuré. Notamment Jason Denayer, pas à son affaire contre le Danemark, avec une mauvaise passe axiale qui amène le but danois après seulement deux minutes. Dans la ligne défensive à trois, si l’on part du principe qu’il reste une place à prendre à côté de Verthongen et Alderweireld, Dedryck Boyata semble avoir pris un petit ascendant grâce à sa vitesse et à la fermeté de ses interventions. Thomas Vermaelen a aussi montré que l’on pouvait compter sur lui, mais adjoindre un défenseur de 35 ans dans une défense déjà vieillissante n’est pas spécialement un gage de sécurité au point de vue de la vitesse.

Citons aussi Timothy Catsagne. L’arrière latéral de Leicester abordait son premier tournoi majeur avec beaucoup d’ambition : son profil polyvalent en faisait un point fort au poste qui pose problème depuis des années. C’était sans compter sur le coup de tête du Russe Kuzyaev, mettant fin à son Euro après à peine 27 minutes. La mauvaise nouvelle a finalement fait place au soulagement : si le choc avait eu lieu 3 centimètres plus haut, sa carrière se serait vraisemblablement arrêtée là, selon le médecin de l’équipe. Castagne s’en sort donc avec seulement six fractures au visage.

L’avis du rédacteur

Pour ce qui s’annonce comme le dernier tournoi de Roberto Martínez à la tête de l’équipe, la gestion du groupe apparaît optimisée au maximum. Le système est en place depuis des années, les joueurs se connaissent, ont grandi dans les moments durs, ont été confrontés à tous les styles de jeu. L’esprit de club, instauré à travers cette stabilité, amène une cohérence, des certitudes sur lesquelles se reposer. Le foot, surtout dans les grandes compétitions, est une affaires de détails, de hasard. Si aucune équipe ne peut maîtriser l’aléatoire, la Belgique peut se targuer d’avoir cette ligne de conduite claire et répétée pour faire pencher la balance de son côté. Et quelques facteurs x en attaque, aussi. Le collectif est en place, c’est maintenant aux joueurs, aux individualités, de se montrer à la hauteur.

Et pour la suite ?

Les dès sont lancés, difficile maintenant de prévoir l’issue de la partie. Cela dépendra en grande partie de l’état des atouts que Roberto Martínez pourra sortir de sa manche. En particulier un certain Eden Hazard, dont l’état de forme reste la plus grande inconnue. La seule certitude, c’est que les Diables joueront leur huitième de finale le 27 juin, à 21h à Séville contre un troisième de groupe.

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