Arabie Saoudite

L’Histoire de la Saudi Pro League

Le football moderne que l’on a toujours connu a subi d’innombrables changements au fil des années. Né au milieu du XIXe siècle en Angleterre, ce sport était surtout pratiqué dans les « Public Schools » de l’époque. Le 26 octobre 1863 signe l’acte de naissance de ce sport par la création de la Football Association, un groupe de club indépendant qui ordonne la pratique de ce sport dans le pays. Par la suite, le football s’exporte dans le monde. Dans son exportation, le football atteint le Moyen-Orient et plus précisément l’Arabie Saoudite.

1976 marque la naissance de la Ligue de Football Saoudienne. Si le niveau était bien en dessous des ligues européennes, la Ligue entreprend de rattraper ce retard par l’arrivée de joueurs européens prestigieux. C’est en partie ce phénomène qui fait de la Saudi Pro League le championnat le plus attractif et compétitif du Moyen-Orient. De ses débuts retardés et ses nombreux changements à son début d’exposition sur la scène européenne, découvrons ensemble toute l’histoire qui entoure le football saoudien…

Une Ligue rythmée par l’Histoire du Royaume

Jusqu’en 1974, le championnat de la Ligue de Football Saoudienne ne contenait que des tournois régionaux (Est, Ouest et Centre). Ainsi, il a été décidé d’unifier ces différents tournois afin de réunir les équipes au sein d’une ligue avec un système de points : “The Categorization League”. Ce nom lui a été attribué dans la mesure où deux sections sont créées. La Premier League et la Première Division saoudienne. Pour déterminer quelle équipe jouera dans quelle division, les 16 clubs sont divisés par groupe de huit. Les quatre premières équipes de chaque groupe sont qualifiées pour la Première Division saoudienne tandis que les équipes restantes se réuniront en Premier League. Le meilleur club de chaque groupe s’affronte en finale pour obtenir le titre. Ainsi Al Hilal, Al Ahli, Al Wehda, Al Riyad SC (groupe A) puis Al Nassr, Al Ittihad, Al Shabab et Al Qadisiya (groupe B) étaient sensés jouer en Première Division saoudienne. Cependant, cette dernière a été annulée seulement 33 jours plus tard à cause d’un événement majeur : l’assassinat du roi d’Arabie Saoudite, Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud.

Le Roi Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud (1906-1975) aux côtés du Président des Etats-Unis d’Amérique de l’époque Richard Nixon (1913-1994) et sa femme Pat Nixon (1912-1993) à l’occasion de sa cérémonie de bienvenue le 27 mai 1971.

Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud est à l’origine du lien étroit qui lie les princes à la gouvernance du Royaume. Plusieurs de ses initiatives révolutionnent l’Arabie Saoudite dans le cadre d’un programme de modernisation. Ce dernier abolit notamment l’esclavage et préserve le pays d’un désastre financier par l’adoption de nouvelles politiques fiscales. Ses initiatives lui valent d’être un dirigeant très apprécié de sa population. Le 25 mars 1975, il est assassiné à Riyad par son propre neveu, le prince Fayçal ibn Musad. Il succombe de ses blessures infligées par balles et est enterré aux abords de la mosquée El Eid le lendemain. Cet événement majeur dans l’Histoire de l’Arabie Saoudite a donc retardé l’émergence du championnat au sein du Royaume, mais n’a pas annihilé les chances du football de se développer par la suite.

Entre réformation, professionnalisation et constantes rectifications

La troisième saison de la Ligue (1978-79) marque un très gros tournant. En effet, c’est à partir de cette saison que les joueurs professionnels étrangers sont admis. Ainsi, la Saudi Pro League amorce son ouverture au monde. Al Hilal exploite cette nouveauté parfaitement en accueillant Roberto Rivelino au sein de son effectif, à l’époque capitaine de la Seleção. Aujourd’hui, les joueurs de tous les horizons sont démocratisés au sein de la compétition et marquent l’histoire de leur club. Bafétimibi Gomis, Luciano Vietto, Giovinco, André Carillo (Al Hilal), Léandre Tawamba, Alejandro Kaku Romero (Al Taawoun), Omar Al Somah (Al Ahli) ou encore Abderrazak Hamed-Allah (Al Nassr) en sont les preuves.

De là, la Ligue a dû s’adapter afin de proposer un format de championnat attractif en Arabie Saoudite, mais surtout partout dans le monde. La huitième saison marque donc le passage de dix à douze équipes en Saudi Premier League (nom d’époque). Un an après (1986), les équipes de première division sont scindées en deux groupes de six. Les deux premières équipes de chaque groupe sont alors réunies dans une ligue finale et s’affrontent pour obtenir le titre. Cette année-là, Al Nassr (premier de son groupe) et Al Hilal (second de ce même groupe) rejoignent Al Ittihad (premier) et Al Wehda (second). Al Hilal remportera son quatrième titre. Notons que lors de cette saison, le match final est joué sur gazon naturel. Une belle avancée dans la mesure où il synthétise l’attraction que suscite la Ligue. Cette initiative débouchera, lors de la saison 1992-1993, à la professionnalisation des joueurs locaux pour la première fois dans l’Histoire du football saoudien. Cela signifie que la Saudi Pro League (Premier League saoudienne à l’époque) se semi-professionnalise avec une grande portion de joueurs devenus joueurs à plein temps.

Roberto Rivelino rejoint Al Hilal en 1978 après une carrière essentiellement brésilienne (SC Corinthians de 1965 à 1974 avec 141 buts en 471 matchs, puis Fluminense de 1975 à 1978 avec 53 buts en 158 matchs). Son arrivée dans le club saoudien donne une nouvelle dimension au championnat et le crédibilise par la même occasion. 57 matchs et 23 buts plus tard, l’international prendra sa retraite en 1981.

1990 signe la fin du système de points et introduit le public au système du Carré d’Or dans le cadre de la fusion de la Ligue et de la Coupe du roi. Le principe est simple : les équipes constituant le top 4 de la Ligue s’affrontent toutes lors de matchs aller-retour. Lors de la première édition, Al Hilal est éliminé par Al Shabab (2-2 / 2-1) tandis qu’Al Nassr élimine Al Ettifaq (2-1 /1-1). Al Hilal remporte la troisième en place en battant Al Ettifaq 2-1. Enfin, Al Shabab remporte la compétition en battant Al Nassr lors de la grande finale (1-0).

Ce système est soumis à beaucoup de critiques dans la mesure où il ne récompense pas assez les équipes du tour préliminaire selon l’opinion publique. Ainsi, les leaders de ces tours se voient accorder des avantages supplémentaires. Une autre initiative pour pallier à ce problème a été de faire jouer le leader de la Ligue contre l’équipe occupant la quatrième place lors des demi-finales, et non la troisième. Enfin, en 2002, il a été décidé que le leader (Al Hilal cette année) soit directement qualifié pour la finale, toujours dans l’optique de récompenser l’issue des matchs préliminaires. L’équipe à la troisième place doit faire face à celle occupant la quatrième place. Le gagnant jouera face au deuxième et vous l’aurez compris, l’équipe qui sortira victorieuse aura la chance de s’opposer au premier. Cette année-là, Al Ittihad (deuxième) élimine Al Nassr (troisième) qui venait d’éliminer Al Ahli (quatrième) juste avant. Ces derniers, tenant du titre, le concèdent en finale face à Al Hilal (2-1, c’est leur 9ème titre). Ce système sera abandonné en 2007 pour laisser place à la ligue que nous connaissons aujourd’hui…

La Saudi Pro League de nos jours

La saison 2007-2008 rompt avec le système de Carré d’Or que nous avons découvert auparavant. En effet, la Ligue s’est déroulée selon le système de points que nous connaissons, et ce pour la première fois depuis dix-sept saisons ! Alors qu’elles sont à égalité de points, Al Hilal et Al Ittihad ont dû se départager sur la base des confrontations directes. Al Ittihad étant inférieur à Al Hilal sur ce point concède le titre.

Le début de la saison 2008-2009 est rythmé par une volonté de totalement se professionnaliser selon les exigences de la Confédération Asiatique de Football. Cette volonté implique plusieurs changements à effectuer, dont l’augmentation du nombre d’équipes (passant ainsi de 12 à 16 équipes). Cependant, le processus a été assez difficile notamment à cause de décisions individuelles de la Fédération Saoudienne de Football prises auparavant. L’intégralité des joueurs amateurs participant à la Ligue a été transformée en joueurs professionnels par la suite. Al Ittihad se venge d’Al Hilal en reprenant le titre (victoire 2-1 à Riyad).

Aujourd’hui, la Saudi Pro League est bel et bien composée de 16 équipes. Cette dernière accueille des joueurs de tout horizon avec des équipes reflétant l’évolution de la Ligue. Cette dernière s’est même exportée en Europe le temps d’un match opposant Al Hilal à Al Ittihad à l’occasion de la finale de Saudi Super Cup. La rencontre s’est jouée à Londres le 18 août 2018 au stade Loftus Road (celui du Queens Park Rangers FC). Al Hilal arrache la victoire à Al Ittihad en remportant cette finale 2-1.

Al Hilal, vainqueur de la Saudi Super Cup face à Al Ittihad, célèbre sa victoire au Loftus Road (18 août 2018)

L’Histoire de la Saudi Pro League est toujours en cours d’écriture. Entre l’arrivée de grands joueurs européens et l’émergence de talents 100% saoudiens au sein de la Ligue, il est désormais clair que l’Arabie Saoudite possède le championnat le plus attractif du Moyen-Orient. Néanmoins, par son statut particulier dans le sens où il se trouve hors de l’Europe, la Saudi Pro League est-elle condamnée à servir de “maison de retraite” aux joueurs en fin de carrière ? Parviendra-t-elle à attirer des joueurs en quête d’un réel nouveau défi au sein du Royaume ? Ces problématiques synthétisent les enjeux auxquels la Saudi Pro League devra faire face …

Crédits photos : IMAGO / Twitter: Saudi Super Cup

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