Amérique

Sebastián Abreu, le globe-trotter

La saison 2021 en Uruguay a été marquée par le premier titre de Plaza Colonia dans le tournoi d’ouverture, l’épopée de Peñarol en Sudamericana ou encore le départ du Colo Ramírez vers l’Europe. Mais c’était aussi la dernière saison professionnelle de Sebastián Abreu. L’attaquant de 44 ans a mis un terme à sa carrière le 11 juin dernier. L’occasion pour nous de revenir sur sa carrière de vingt-cinq années hautes en couleurs.

Un joueur pas comme les autres

La scène, on la connaît tous. Le 2 juillet 2010 contre le Ghana, après la désormais mythique main de Suárez, El Loco Abreu s’avance pour tirer l’ultime penalty de la séance de tirs au but. Le gaucher entame sa course d’élan et trompe Richard Kingson d’une somptueuse panenka. Ce geste audacieux envoie la Celeste en demi-finale du Mondial sud-africain, quarante ans après s’y être hissée pour la dernière fois. Les fans de Botafogo ne sont pas surpris, quelques semaines auparavant déjà, l’Uruguayen leur offrait le championnat Carioca grâce à ce geste en finale contre Flamengo. D’ailleurs il en fait même sa marque de fabrique. Dingue du geste le plus fou du football, il en tente carrément deux en l’espace de trois minutes dans un match contre Fluminense. Et oui, pas Loco pour rien le bonhomme.

Sebastian Washington Gallo Abreu, de son nom complet, sous les couleurs de l’Aris Salonique face l’AEK Athènes en 2009.

Mais Abreu, ce ne sont pas que des panenkas. Il est le joueur à avoir connu le plus de clubs professionnels dans sa carrière. En effet, il a joué pour trente-deux équipes dans onze pays différents : Chili, Brésil, Uruguay, Israël, Grèce, Salvador, Equateur, Argentine, Mexique, Espagne, Paraguay.

Si certains passages sont anecdotiques comme à l’Audax Italiano, le Beitar Jérusalem ou d’autres encore, il marque profondément certains de ces clubs. A commencer par le Nacional, où il signe à trois reprises et ravit les hinchas Tricolores avec ses myriades de buts. Il y devient d’ailleurs l’idole de Luis Suárez quelques années avant qu’ils ne se retrouvent en sélection. Sous les couleurs du Bolso, il est notamment un artisan majeur des championnats remportés en 2001 et 2005.

Avec un tempérament de folie

À Botafogo aussi, il émeut les foules avec, on l’a dit, un championnat Carioca remporté dès sa première année et pas moins de soixante-deux pions plantés en terres brésiliennes. Sebastián Abreu approche alors, pense-t-on, de la fin de sa carrière. Pourtant ses plus grandes heures en sélection sont à venir. On a déjà évoqué la Coupe du Monde 2010 dans laquelle l’Uruguay marque les esprits. Si de cette édition, chacun retient les performances sur le terrain de Diego Forlán ou même Diego Lugano, le Loco est extrêmement important par son apport dans le vestiaire. Tabárez le sait, il peut compter sur l’expérience et le charisme de son joueur pour se positionner en leader de son équipe. Même chose pour la Copa América 2011, avec cette fois un titre à la clé. D’ailleurs, il ne joue que quelques minutes symboliques dans cette compétition.

El Loco célébrant son but en barrages pour la Coupe du Monde 2010 face au Costa Rica à l’Estadio Centenario de Montevideo le 18 novembre 2009.

Doté d’un pied gauche de velours, Sebastián Abreu n’est pas forcément le joueur le plus connu des amateurs de football. Pour autant il est reconnu par tous pour son professionnalisme, son humour et sa sympathie. Il fait effectivement partie des footballeurs avec ce petit quelque chose en plus. Ce quelque chose qui fait qu’on l’affectionne tout particulièrement. Ce quelque chose qui l’a fait voyager aux quatre coins du monde. Dernier joueur en activité à avoir affronté Diego Maradona, il a quitté le football professionnel.

Il n’a cependant pas totalement raccroché les crampons et a rejoint le club de sa ville natale l’Olimpia Minas pour terrifier encore quelques défenses. En 2022, El Loco Abreu découvrait même un nouveau pays mais cette fois en tant qu’entraîneur. Il est alors nommé à la tête du club bolivien d’Always Ready, bien qu’il n’y officie finalement que pour quatre petites rencontres.

Crédits photos : Getty Images

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