Amérique

Peñarol : la nouvelle épopée

Comme déjà évoqué dans un article précédent, le football uruguayen ne brille plus sur la scène continentale depuis la fin des années 80. Seul le club de Peñarol brise cette triste série en atteignant la finale de la Libertadores en 2011. Dix ans plus tard, après une saison 2020 mitigée, le club jaune et noir remet ça en Sudamericana. Après leur défaite à domicile 2-1 face à l’Athletico Paranaense, les Carboneros peuvent-ils espérer disputer une nouvelle finale continentale ?

2011 : le presque conte de fée

En tant que champion sur la saison 2009-2010, Peñarol est directement qualifié pour la phase de groupes de la Copa Libertadores. A ce titre, le club hérite du groupe 8 aux côtés du LDU Quito, du tenant de la Sudamericana Independiente et de Godoy Cruz. Malgré deux claques subies contre les Equatoriens (5-0) et Independiente (3-0), Peñarol termine à la deuxième place avec un bilan de trois victoires et trois défaites.

En huitièmes de finales, se dresse l’ogre Internacional, vainqueur de l’éditition précédente. Après avoir obtenu le match nul à Montevideo (1-1), les Uruguayens viennent chercher un succès à Porto Alegre (2-1) malgré une ouverture du score dès la première minute par Oscar. Pour les quarts de finales, Peñarol se retrouve face au champion chilien en titre : la Universidad Católica. Il se défait sans trop de difficulté de cet adversaire avec une victoire 3-2 sur l’ensemble des deux matchs. Les demies finales sont plus relevées pour les Aurinegros face aux Argentins de Velez Sarsfield. En effet, Peñarol se qualifie aux buts à l’extérieur grâce à un but de Fernando Mier au match retour lors de la défaite 2-1 à Buenos Aires.

Une performance mémorable

Comme un symbole, après 27 ans sans atteindre une finale continentale, Peñarol affronte Santos. Symbole car les deux clubs se sont déjà rencontrés en finale de Copa Libertadores en 1962. Les Carboneros avaient alors remporté les deux premières éditions et visaient logiquement le triplé. Mais les joueurs du Peixe et notamment Pelé en décidèrent autrement. A l’aube de cette finale 2011, l’histoire n’est pas en faveur des Uruguayens. Et la suite le confirme. Après un score nul et vierge à l’aller, Santos l’emporte 2-1 au Morumbi grâce à Neymar et Danilo.

Malgré la défaite en finale, cette Copa Liberdatores reste dans les mémoires des supporters de Peñarol. En effet, elle est encore à ce jour la seule finale uruguayenne depuis 1988, que ce soit en Libertadores ou en Sudamericana. Toutefois, l’issue aurait pu être très différente, et très tôt dans la compétition. Durant cette édition 2011, Peñarol s’en sort toujours de justesse : un petit point d’avance sur Independiente en poule et jamais qualifié par plus d’un but d’écart en phase à élimination directe. De plus, il est loin d’avoir l’effectif le plus reluisant, surtout comparé à deux champions continentaux en titre.

Alejandro Martinuccio, ici face à Paulo Henrique Ganso lors de la finale retour de la Copa Libertadores 2011.

Pourtant les Aurinegros font bonne figure, en jouant un jeu intéressant et porté vers l’avant. Certains apportent tout particulièrement dans l’animation offensive de l’équipe. On pense à Juan Martin Olivera, auteur de cinq buts dans la compétition, dont certains très importants. L’Argentin Alejandro Martinuccio se distingue également, et bien qu’auteur de buts tout aussi précieux, c’est dans le cœur du jeu qu’il se démarque en combinant notamment très bien avec Mathías Corujo.

Dix ans après

Cette année, les joueurs de Peñarol décident de nous donner de nouveau des frissons, en Sudamericana cette fois. Troisième de la saison 2020 très marquée par le Covid, Peñarol doit d’abord se défaire de Cerro Largo en tour préliminaire pour se faire une place en phase de groupes. Rien de plus qu’une formalité : 6-3 sur l’ensemble des deux matchs.

Dans un groupe abordable, composé de Corinthians, du River Plate paraguayen et de Sport Huancayo, Peñarol cartonne. Les Carboneros finissent la phase de groupes en tant que deuxième meilleure attaque avec quinze pions. En témoignent les fessées infligées à leurs trois adversaires : 5-1 contre le Rojo Matador, 3-0 contre le Kelito et surtout 4-0 contre les Paulistes de Corinthians, avec notamment un triplé du futur grand Agustin Álvarez Martínez. A noter que Peñarol affiche également la deuxième meilleure défense avec seulement trois buts encaissés lors de la phase de groupes.

Les deux prodiges Facundo Torres (à gauche) et Agustín Álvarez Martínez (à droite) en discussion avec leur entraîneur Mauricio Larriera lors du match contre l’Athletico Paranaense.

La phase éliminatoire commence de la meilleure des façons : une qualification face au rival Nacional. Un double Superclásico dont Peñarol sort vainqueur grâce aux buts à l’extérieur. Les Manyas s’imposent en effet à l’aller 2-1 au Gran Parque Central. Les Tricolores remportent le match retour au Campeon del Siglo sur la plus petite des marges, insuffisant pour arrêter Peñarol dans son épopée naissante. En quarts, le Sporting Cristal donne moins de fil à retordre, puisque le club Aurinegro s’impose facilement au Pérou (3-1) avant d’assurer le minimum au retour à Montevideo (1-0).

Au bout, malgré l’adversité ?

Dans la nuit de jeudi à vendredo (2h30 heure française), Peñarol se déplacera à Curitiba pour affronter l’Athletico Paranaense. Les Carboneros entameront la rencontre avec un handicap, puisqu’ils se sont inclinés 2-1 à Montevideo lors du match aller. Pourtant, ils ont plutôt dominés cette rencontre mais ont notamment buté sur une très bon Santos dans les cages brésiliennes. Le cafouillage entre Kevin Dawson et Juan Ramos menant au premier but brésilien aurait également pu être évité…

Toutefois, enterrer d’ores et déjà Peñarol serait une grosse erreur, car l’équipe a de très bonnes ressources. A commencer par El Canario Álvarez Martínez, meilleur buteur de la compétition avec 10 réalisations. Le jeune Uruguayen a explosé il y a un peu moins d’un an et est un véritable atout pour son équipe. Son talent ne passe pas inaperçu puisqu’il dispute ses deux premières sélections A lors du rassemblement de septembre, s’offrant par la même occasion son premier but sous le maillot de la Celeste. A ses côtés, on retrouve Facundo Torres à gauche, lui aussi international depuis peu, avec qui il combine parfaitement, en témoigne le but inscrit contre le Furação. On peut aussi évoquer les milieux Agustín Canobbio et Jesús Trindade dont la qualité de passe est essentielle dans le jeu de Peñarol, notamment pour servir les deux jeunes prodiges devant.

Ainsi les supporters de l’Athletico Paranaense sont prévenus, malgré leur avantage au score, leur place en finale est loin d’être assurée…

Crédits photos : IMAGO

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