Amérique

Jamaïque-Angleterre : Teaman vibration

Aujourd’hui indépendante mais toujours sous le règne de la reine Elizabeth II et membre du Commonwealth depuis 1962, la Jamaïque a une histoire particulière et encore liée à l’Angleterre. Le football n’y faisant pas exception, passons en revue les connexions qui y persistent entre les deux nations.

Notre histoire se plonge tout d’abord en pleine Seconde Guerre Mondiale. Un homme, né à Kingston le 25 mai 1927, est appelé à combattre au Moyen-Orient pour les forces armées britanniques pendant la guerre. Il aime le sport et avec ses camarades, il joue au foot. C’est un milieu de terrain athlétique d’un mètre 73 et ses talents attirent l’œil d’un des soldats, recruteur. Après la guerre, il décide de lancer sa carrière. Il passe un essai à Arsenal, sans signer, et en avril 1948, il s’engage finalement au Portsmouth FC. Cet homme, c’est Lloyd Lindbergh dit « Lindy » Delapenha. Il rentre à ce moment là dans l’histoire en devenant le premier jamaïcain à évoluer dans le championnat anglais. En deux saisons sous les couleurs de « Pompey », il remporte tout simplement deux championnats d’Angleterre, sans briller. Remplaçant, il dispute seulement 8 matchs en deux ans.

A la fin de son bail, Lindy s’engage à Middlesbrough, dans la Yorkshire du Nord. Dans un club qui oscille entre première et deuxième division, le milieu de terrain brille par ses capacités offensives. Il n’y inscrit pas moins de 90 buts en 260 matchs et finit à trois reprises, meilleur buteur du club sur la saison. De quoi y laisser une empreinte pérenne et montrer la voie à ses compatriotes.

A jamais les premiers

1980, c’est pas la fin

C’est au tournant entre les années 1970 et 1980 qu’apparait une petite explosion de joueurs jamaïcains en Angleterre. Pourquoi ? Probablement parce qu’ils y sont nés, et donc formés. Ainsi, plusieurs anglo-jamaïcains deviennent des joueurs confirmés de la First Division (ancêtre de la Premier League) voire même des légendes pour certains. Ils auront parfois même l’occasion de découvrir les joies d’être convoqués avec les Three Lions.

Le soir du 29 novembre 1978,  l’Angleterre dispute un match amical de prestige face à la Tchécoslovaquie, championne d’Europe en titre qu’elle accueille à Wembley. Il est 19h45, le coup d’envoi est donné et marque un tournant dans l’histoire de l’Angleterre du foot. Aligné d’entrée par Ron Greenwood, Vivian Alexander Anderson dit Viv Anderson est le tout premier joueur noir a enfilé la tunique des Three Lions.

Né à Nottingham, Viv, solide arrière droit, démarre sa carrière de footballeur professionnel dans le club de la ville, le Nottingham Forest en Second Division en 1974. Il devient rapidement titulaire suite à l’arrivé de Brian Clough sur le banc en janvier 1975. A ce moment là, l’histoire du club et sa carrière basculent complément. Promus en First Division  et champion de Second Division en 1977, les Tricky Trees remportent immédiatement le championnat et réalisent même le doublé avec la League Cup. L’année suivante, Viv Anderson et son club remportent une nouvelle League Cup mais surtout ils sont vainqueurs de la Coupe des Clubs Champions deux années de suite. En 1979 face à Malmö (1-0) et en 1980 face au Hambourg SV (1-0. En 1979, ils conquièrent aussi la Supercoupe d’Europe face au FC Barcelone (1-0, 1-1).

Incontournable, Viv Anderson participe à tous ces exploits d’une équipe qui était encore au deuxième échelon du football anglais deux ans plus tôt. Cette période vaudra à Viv plusieurs capes en sélections et des convocations pour l’Euro 1980 et la Coupe du Monde 1982. Après dix ans à Nottingham, Viv signe à Arsenal où il remporte une nouvelle League Cup en trois années passé à Londres. En 1987, il s’engage à Manchester United et est la toute première recrue de Sir Alex Ferguson. Il participe à l’immense plan de reconstruction que l’Ecossais met en place et devient un joueur majeur au début de l’ère Ferguson. Tout cela avant de perdre sa place et de s’en aller à Sheffield Wednesday en 1991 puis à Barnsley deux ans plus tard avant de terminer sa carrière en 1995 à Middlesbrough. Au total, il cumule 30 capes pour 2 buts avec les Three Lions entre 1978 et 1988.

D’une légende à l’autre, de Nottingham à Liverpool

Après Viv Anderson, d’autres suivront. A l’image de Laurie Cunningham, impressionnant ailier gauche de West Bromwich Albion puis premier britannique à porter le maillot de l’un des plus grand clubs de l’histoire : le Real Madrid. Il y remporte une Liga mais miné par les blessures, la suite de sa carrière se complique et il décède tragiquement dans un accident de voiture le 15 juillet 1989 à 33 ans.

Aussi, Luther Blissett, légende du Watford FC. Joueur le plus capé et meilleur buteur de l’histoire  du club, il participe à l’ascension fulgurante des Hornets du quatrième échelon du football anglais à l’élite grâce à ses nombreux buts. Après un passage dans un AC Milan promu en Serie A, il revient dans son club formateur et explose les records. Appelé en sélection pour la première fois en 1982, il inscrit un triplé pour sa première cape contre le Luxembourg, ses seuls buts inscrits en 14 matchs.

Toutefois, un coéquipier de Blissett va alors particulièrement se distinguer. Joueur de Watford pendant 6 ans, 10 ans à Liverpool et un statut de légende. 79 sélections et 11 buts avec l’Angleterre et un rap resté célèbre, John Barnes est considéré comme l’un des meilleurs joueurs anglais à son poste. Et ce même s’il est né et a grandi à Kingston, capitale jamaïcaine. Allier, Barnes est un excellent buteur. Pour sa première saison à Liverpool, il inscrit 15 buts et participe à la conquête du titre des Reds. Deux ans plus tard, lors de la saison 1989-1990, il mène son club vers un nouveau titre de champion d’Angleterre, marque 22 buts et est élu meilleur joueur de la saison.

Figure symbolique du lien anglo-jamaïcain dans le football, John Barnes entraînera la sélection jamaïcaine en 2008-2009 après avoir choisi l’Angleterre en tant que joueur.

En sélection, Barnes est bien moins brillant. Régulièrement victime de racisme, l’attaquant est notamment agressé par une frange extrémiste de supporters après la victoire historique contre le Brésil au Maracanã dans lequel Barnes inscrit un superbe but… Un des rares coup d’éclat du joueur, dû sans doute à un contexte extrêmement éprouvant.

Sol sonne la cloche

Après des résultats en dents de scie dans les années 1980, les 90s marquent une instabilité chronique pour la sélection anglaise. C’est dans ce marasme qu’un jeune défenseur de Tottenham aux racines jamaïcaines fait ses débuts en sélection à l’aube de l’Euro 96, à domicile. Sol Campbell, pris dans le groupe de l’Euro par Terry Venables. Par la suite, sous les ordres de Glen Hoddle, Campbell devient un joueur régulier des Three Lions jusqu’à ce que le 29 mai 1998, il devienne le plus jeune capitaine de l’histoire du pays après Bobby Moore. Sa carrière internationale est très riche. Il est omniprésent et titulaire dans chaque compétition jusqu’en 2006, où il sera des 23 mais restera sur le banc.

En club aussi, il s’illustre. Après 10 ans chez les Spurs, Sol Campbell (en s’attirant les foudres des supporters du THFC) signe à Arsenal. Il y devient l’un des cadres de ceux qui deviennent les Invincibles de 2004 puis accèdent à la finale de la Ligue des Champions 2006 (il inscrit même le but de l’ouverture du score). Il est considéré aujourd’hui comme une légende du football et dans ce lien anglo-jamaïcain en équipe nationale, il est sans doute le joueur symbolique.

Moins brillant en sélection que son compère et en club où sa paire mythique avec le Trinidadien Dwight Yorke à Manchester United reste aujourd’hui encore un souvenir mémorable pour les amoureux du football, Andy Cole aura surtout marqué le football anglais de club. En 1998, il n’est pas du voyage en France. Glen Hoodle justifie ainsi : “il lui faut 6 à 7 occasions pour marquer un but“. En 2002 il perd sa place de titulaire tandis qu’une blessure le privera de l’Euro 2000. L’attaquant mancunien n’aura pas forcément eu beaucoup de chance dans sa carrière internationale. Cette dernière prendra définitivement fin en 2002 sur le bilan famélique d’un petit but en 15 capes.

Le film du nouveau millénaire

Nouvelle tête au casting

C’est durant cette période de la fin des 90’s que l’équipe nationale jamaïcaine, alors complètement invisible dans le paysage footballistique, fait sa petite révolution. En 1998, la Jamaïque se qualifie pour la première fois de son histoire pour la reine des compétitions. La Coupe du Monde. Souhaitant faire bonne figure en France, le sélectionneur René Simões fait appel pour la première à des non-natifs, tous nés et évoluant en Angleterre. Ainsi Deon Burton, Paul Hall, Robbie Earle, Fitzroy Simpson, Frank Sinclair, Marcus Gayle et Darryl Powell, acceptent l’invitation et rejoignent les Reggae Boyz juste avant le Mondial. Ils disputent même à l’hiver 98 la Gold Cup (hormis Earle et Powell) où ils terminent 4emes. Le choix est néanmoins vivement critiqué par la presse locale.

Auparavant la sélection jamaïcaine avait eu dans son histoire plusieurs joueurs nés aux États-Unis. Jamais encore elle n’avait cependant accueillie de Britanniques. Malgré ces renforts, les Jamaïcains ne passent pas les phases de poules derrière l’Argentine et la future surprise croate mais terminent tout de même troisième suite à leur victoire (1-2) face au Japon.

A l’Ouest rien de nouveau, à l’Est du sang neuf

Après le Mondial français, plus grand chose. Quelques nouveaux binationaux rejoignent la liste des Reggae Boyz mais pas grand chose de marquant, mis à part peut-être un seul, mais sans doute pas pour ses performances ou plutôt… sa performance. En 2009, Tyron Mears, latéral anglais de Derby County (prêté à l’Olympique de Marseille cette saison) choisit de représenter le pays d’origine de son père. Il honore sa première sélection contre le Nigéria, à Londres le 11 février. Après ce match, il est établi que son père n’est pas originaire de Jamaïque mais du Sierra Leone. Il n’est donc plus qualifiable pour la Jamaïque ni pour une autre sélection, la FIFA stipulant à l’époque qu’après un match disputé, un joueur ne peut changer de sélection. Tyron Mears aura joué donc son seul et unique match international ce 11 février 2009.

Hormis cela, certains des mondialistes de 1998 resteront jusqu’à la fin des années 2000 sans grand succès. La Jamaïque traverse alors une immense période de creux footballistique. Plus aucune qualification à une Coupe du Monde et des résultats quelconques voire mauvais en Gold Cup. Éliminée dès les phases de poules (2000, 2009) ou au mieux, au stade des quarts de finale (2003, 2005, 2011).

Côté anglais, les joueurs à ascendances jamaïcaines se font un peu plus nombreux. Au Mondial allemand de 2006, ils sont quatre. Parmi eux Theo Walcott et Aaron Lennon, 17 et 19 ans. Walcott est à l’époque la sensation puisqu’il est appelé sans avoir même connu la Premier League. Néanmoins, la pépite ne répondra jamais véritablement aux attentes placées en lui. Il ne brille que rarement en plus de blessures qui le pénaliseront, mais le la légende des Gunners s’installera tout de même dix années en sélection. Quant à Aaron Lennon, lui aussi grand espoir, il le sera encore moins et ne totalise que 21 sélections.

10 ans en sélection, 16 en Premier League : Theo Walcott est une petite légende du football anglais des années 2000.

David James, lui aussi des mondialistes de 2006, connait une histoire assez mouvementée en sélection. Appelé pour la première fois en 1997, la rude concurrence empêche le gardien de véritablement se montrer. Après la Coupe du Monde 2002 dans la peau de numéro 3, il passe numéro 1 – profitant des mauvaises performances de David Seaman – et ce jusqu’à l’Euro 2004 qu’il dispute titulaire. Mais après une bourde à la rentrée 2004, il perd son statut et passe numéro 2 pendant quatre ans. Fabio Capello change la donne et lui offre l’opportunité de repasser gardien numéro 1 jusqu’à une blessure. Parti remplaçant pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, il est propulsé titulaire après une énorme boulette de Robert Green contre les États-Unis. Auteur d’une grande performance face à l’Algérie (lui et Raïs Mbolhi s’offrent d’ailleurs un très beau duel durant ce match), il s’installe pour le reste de la compétition, les Anglais s’arrêtent en huitième de finale sur un naufrage face à l’Allemagne (4-1).

Désormais à l’affiche

Le 17 juillet 2013, Winfried Schäfer arrive sur le banc de la sélection jamaïcaine et lance une nouvelle génération, emmenée par les « Anglais » Michael Hector, Wes Morgan, Giles Barnes et les « locaux » Kemar Lawrence et Darren Mattocks notamment. En ligne de mire ? La Gold Cup 2015 aux États-Unis et au Canada. Les Reggae Boyz passent d’abord les poules en tête et invaincus devant la surprise du Mondial de l’année précédente, le Costa Rica. En quart de finale, ils se débarrassent de Haïti sur un but de Barnes avant de défier en demi-finale, l’ogre américain qui n’a plus été éliminé à ce stade de la compétition depuis 2003.

Mais cela ne les effraient pas : Mattocks puis Barnes permettent aux Jamaïcains de mener 2-0 à la mi-temps. En seconde période, Bradley réduit la marque. En vain. Les Reggae Boyz résistent et accrochent leur succès pour participer à la toute première finale continentale de leur histoire. Mais le parcours de rêve se termine brutalement face à l’autre ogre du continent, le Mexique (1-3), en étant mené 0-3 à dix minutes de la fin. Ce parcours marque la première réussite d’une stratégie qui aura longtemps attendue avant de porter ses fruits.

Dans les années 2010, les Jamaïcains s’illustrent en sélection en Europe plutôt qu’en Amérique. Ashley Young, Chris Smalling, Daniel Sturridge et Danny Rose choisissent les Three Lions comme Walcott ou Campbell avant eux. Mais il y aussi Alex Oxlade-Chamberlain à l’histoire un peu particulière puisqu’il est le fils de Mark Chamberlain ancien footballeur et l’un des premiers internationaux anglais noirs. Son parcours est un parallélisme incroyable à celui de Theo Walcott. Tous les deux ont débuté à Southampton en deuxième division, très jeunes (16 ans pour Oxlade-Chamberlain, deuxième plus jeune joueur des Saints à débuter en pro derrière… Walcott), tout deux débutent en sélection sans avoir connu la Premier League et signeront enfin à Arsenal après leur explosion.

La nouvelle vague

Les Three Reggae Lions

Aujourd’hui, quand on parle de footballeurs jamaïcains, on pense forcément à Raheem Sterling. Né à Kingston, l’attaquant de Manchester City est une star de son club et de sa sélection. Cadre incontournable de Gareth Southgate, il est toujours performant y compris dans les grands rendez-vous. Au dernier championnat d’Europe par exemple, où il sauve l’Angleterre à deux reprises pendant les phases de poules. Porte étendard de la minorité noire d’Angleterre de par ses talents, Sterling est également un homme très engagé dans les causes sociales, comme son engagement contre le racisme ou encore sa fondation crée en 2020 destinée à l’aide aux jeunes défavorisées. Kyle Walker figure aussi parmi les internationaux d’origine jamaïcaine et comme Sterling, c’est un aujourd’hui un joueur cadre des Three Lions.

Récemment, Ruben Loftus-Cheek s’est ajouté à la liste en devenant international en 2017 et dans les 23 pour le dernier mondial en Russie. Avec cette talentueuse génération, l’Angleterre peut espérer voir un nouveau trophée s’ajouter à son armoire depuis 1966. Après une place de finaliste à l’Euro l’été dernier, la Coupe du Monde est vue comme l’objectif principal à atteindre. En attendant de futurs beaux noms à venir comme Max Aarons, l’Angleterre peut déjà compter sur ses Reggae Boyz.

Nouveau tournant pour la Jamaïque

Et de l’autre côté de l’Atlantique? Après une nouvelle finale de Gold Cup en 2017 (défaite face aux États-Unis 2-0) puis des résultats plutôt mitigés sur les deux suivantes, la Jamaïque entame depuis septembre les qualifications pour la prochaine Coupe du Monde. Bénéficiant du nouveau règlement CONCACAF, les hommes de Theodore Whitmore commencent tout de suite par le tour final grâce à leur classement FIFA. La Fédération Jamaïcaine de Football a donc eu le temps de préparer ses éliminatoires et frappe fort dès le mois de mars. Ambitieux, le président Michael Ricketts vise 10 joueurs qu’il souhaite enrôler grâce à leurs origines jamaïcaines. Michail Antonio (West Ham), Demarai Gray (Bayer Leverkusen), Max Aarons (Norwich), Nathan Redmond (Southampton), Andre Gray (Watford), Isaac Hayden (Newcastle), Mason Holgate (Everton), Liam Moore (Reading), Kemar Roofe (Rangers) et Ivan Toney (Brentford). Tous sans exception sont nés dans l’Albion.

Demarai Gray, la pépite du Bayer convoitée par la sélection jamaïcaine

Actuellement, Michail Antonio, Andre Gray, Liam Moore et Kemar Roofe ont déjà rejoint les rangs des Reggae Boyz. Antonio s’est d’ailleurs déjà distingué en inscrivant 2 buts pour ses 3 premiers matchs durant la trêve internationale de novembre, dont un missile face aux États-Unis. Les autres joueurs cités, hormis Max Aarons, devraient suivre comme l’affirme Michael Ricketts. Ces joueurs seraient seulement “dans l’attente de recevoir leurs passeports jamaïcains” assure-t-il. Il est certain que ces noms seront des renforts de poids. Ce sont des joueurs expérimentés, passés par les sélections jeunes anglaises. Ils sont talentueux, à l’exemple d’Ivan Toney, qui sort d’une saison exceptionnelle avec Brentford en Championship (33 buts) ou de Jamal Lowe, jeune attaquant de 21 ans non cité parmi les 10 binationaux visés mais nouvel appelé et qui sort d’une belle saison à 14 réalisations dans ce même championnat.

Avec cette nouvelle génération, la Jamaïque peut espérer briller dans le futur voire même dans un futur très proche en décrochant un billet pour le Qatar. Après des années d’errance, les Reggae Boyz peuvent de nouveau voir l’avenir en grand, et pourquoi pas un jour, connaître le succès de Bolt. Pas celui de sa carrière footballistique évidemment.

Crédits Photos : Getty Images

Jamaïque-Angleterre : Teaman vibration
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En haut