Amérique

De la Ligurie à la Terre de Feu, retour sur les relations italo-argentines

Quel est le point commun entre Diego Armando Maradona, Lionel Messi et Fernando Redondo par exemple ? Avoir été des grands joueurs ? Sans aucun doute, oui. Avoir porté le maillot de l’Albiceleste ? Certes, mais pas que. Car la réponse est un peu plus complexe que ça. En effet, en plus d’avoir revêtu le même maillot à des époques différentes, ces trois joueurs possèdent des ancêtres venu du Vieux Continent et plus particulièrement de la botte transalpine. Au cours du XIXème et du XXème siècle, l’Italie aura joué un rôle prépondérant dans la construction sociale et patrimoniale de l’Argentine. Une influence tellement grande qui aura forcément touché le football, en l’inondant d’artistes et de magiciens en tout genre. Retour sur l’histoire bicentenaire qui unit aujourd’hui, la Botte et les Gauchos.

L’immigration, conséquence des mutations politiques

Avant de parler ballon rond, un peu d’histoire serait la bienvenue. Un peu après le milieu du XIXème, l’Argentine, récemment affranchie de la couronne espagnole, voit son ascension économique et territoriale freinée. Avec un manque criant de main d’œuvre, le pays, tout juste indépendant, frôle dangereusement avec la ligne rouge. Famine, crise et pauvreté menacent une jeune Argentine totalement désemparée face à la situation. Pour endiguer le phénomène, la classe politique argentine décide de prendre des mesures radicales en facilitant l’immigration provenant d’Europe. Une immigration déjà bien connue puisqu’une bonne partie de la société argentine est, elle-même, issue d’une première vague, mais venant principalement d’Espagne.

La vita è dura

En parallèle, à plus de onze mille kilomètres d’Amérique du Sud, le Risorgimento redistribue les cartes politico-territoriales en Europe, et principalement à l’intérieur de la botte transalpine. Le Risorgimento (ou résurrection dans la langue de Molière) est le nom donné à la période durant laquelle l’Italie s’unifie. Sur fond de géopolitique, cet évènement majeur en Europe s’étale sur plusieurs décennies et sur trois guerres d’Indépendance. Et forcément, le Risorgimento marque un tournant dans l’histoire italienne. Désormais, le pays désigné comme Italie n’est plus une simple construction territoriale mais bien un bloc (presque) uni politiquement et économiquement autour d’un seul et même dirigeant.

Le peuple italien, plus habitué à son campanilismo qu’à l’unité, ne sait pas trop sur quel pied danser. Si certains choisissent de faire avec et de participer à la naissance de cette “nouvelle” Italie, d’autres, abandonnés par le gouvernement italien et ayant souffert des multiples guerres d’indépendance, préfèrent plutôt prendre le large et partir à la conquête de nouveaux territoires. Le pays, ravagé par des années de conflits, est encore peu industrialisé dans le Sud et n’a pas pu prendre le train en marche de la modernisation. Et ça tombe plutôt bien car l’Amérique du Sud à travers les récits de voyage et les journaux, fait figure de nouvel eldorado pour ceux qui n’ont plus rien à perdre.

Opposés en majorité à un Risorgimento qui selon eux, est fait par des Nord-italiens pour des Nord-italiens, les Italiens du Sud sont les premiers à embarquer pour le “Nouveau Monde”. Un contingent mené en grande partie par des Campaniens, des Calabrais et des Siciliens, et qui seront bientôt suivis par d’autres venant des zones diverses et variées provenant de l’intérieur de la Botte. Un peu plus tard, les Génois et les Vénitiens vont venir rejoindre les Sud-italiens déjà installés. Puis finalement, ce sont toutes les régions italiennes qui cèdent aux sirènes de la terre promise. Une immigration massive qui va littéralement transfigurer l’Argentine sur tous les plans.

République de la Boca, football et oriundi

En arrivant chez les Gauchos argentins, les Italiens débarquent un peu dans l’inconnu. L’eldorado promis se transforme rapidement en années de galères et certains préfèrent faire le chemin inverse, quitte à tout reprendre à zéro une fois de plus. Malgré tout, une bonne partie des transalpins choisissent de rester en Argentine pour y construire un nouveau futur, soit dans les grandes villes, près du port et des industries, soit dans des colonies agricoles. Rapidement, les Italiens forment les premières communautés d’immigrés, s’organisant et faisant preuve de solidarité dans un pays qui n’accepte pas encore totalement les fraîchement débarqués européens.

De plus en plus actifs dans la vie argentine, les Italiens tentent de plus en plus de se faire une place dans le système politique. L’anarchie, concept philosophique et politique, est introduite par les nouveaux venus sur les bords du Río de la Plata. D’ailleurs à la fin du XIXème siècle, après une grève ayant paralysé le port de la Boca, de nombreux immigrés italiens, excédés par les conditions de travail, leurs conditions de vie déplorables et le traitement du gouvernement vis-à-vis des immigrés, décident purement et simplement de faire du quartier de La Boca, une République indépendante et sécessionniste de l’Argentine. Une idée folle qui tient peu de temps et malheureusement réprimée dans le sang. Si La République Indépendante de La Boca n’existe plus aujourd’hui, son souvenir persiste encore à travers les conventillos colorés du quartier.

Le nouvel épicentre du monde : La Boca

Refermons temporairement le livre d’histoire pour parler un peu plus de pelota. Le football est introduit en Argentine par les Britanniques à partir des années 1860. Pendant plusieurs décennies, les clubs anglais règnent sur le football argentin sans aucun partage. Mais l’esprit malin du football est taquin et au tournant du XXème siècle, la donne change. À travers toute l’Argentine les clubs de football se multiplient et les Italiens surfent parfaitement sur la vague de popularité de ce drôle de sport.

Au milieu des clubs britanniques, créoles ou indiens, les Italiens créent deux des clubs les plus mythiques du championnat argentin. Deux clubs qui encore aujourd’hui, déchaînent les foules et les passions. Deux clubs devenus des institutions au rayonnement mondial. Et une fois n’est pas coutume, tout se passe à La Boca.

Gênes la magnifique. Place forte du Calcio Italiano, la ville est aussi indirectement à l’origine de la fondation de deux mythes du football argentin

Vous avez forcément reconnu River Plate et Boca Juniors. Le premier est né en 1901, de la fusion de deux clubs et de l’esprit d’immigrés venu de tous horizons, mais majoritairement d’italiens, de la ville de Gênes. Si son nom est anglais, ses couleurs, elles, sont bien italiennes et même plus précisément génoises. Le fond blanc et la banda roja proviennent tout simplement du drapeau de la République de Gênes. Des couleurs encore présentes aujourd’hui et qui symbolisent l’ADN italien de ses pères fondateurs.

Quatre ans plus tard, en 1905, toujours dans le même quartier, c’est Boca Juniors qui sort de terre, près du Rio Riachuelo. Comme pour River Plate, son nom a une consonance anglaise. Ses couleurs sont suédoises (un bateau venant de Suède et passant par le port aura entériné ses couleurs) mais ses fondateurs sont bel et bien génois eux-aussi. Ses origines italiennes donnent à Boca Juniors son premier surnom : les Xeneizes ou tout simplement “Les Génois” dans le dialecte de Gênes.

Boca Juniors et River Plate servent , à leur manière, d’accélérateurs et les clubs fondés en partie ou grâce aux immigrés italiens pullulent à travers une Argentine qui commence de plus en plus à regarder à l’intérieur de ses frontières. L’un des plus connus aujourd’hui est le Sportivo Italiano. Situé à Ciudad Evita, près de Buenos Aires, le club est l’une des plus belles représentations de l’immigration transalpine. Du logo au nom en passant par son surnom (El Tano, suffixe de Napolitano), tout transpire une certaine italianité dans ce club. Le Sportivo Italiano, qui végète aujourd’hui en troisième division, est certes, moins connu que ses grands frères de La Boca, mais mérite tout autant sa place ici, grâce à sa singularité et son identité d’outre-Atlantique.

50% argentin, 50% italien : 100% talentueux

Dans un football argentin qui grandit de jour en jour, les joueurs, eux, ne sont pas en reste. Au contraire même. Conséquence de ces premières vagues d’immigrations, les joueurs italo-argentins se multiplient en première division. De cet imbroglio administratif, naît, dès les années vingt, un concept : celui de l’oriundo. Terme emprunté au latin et qui signifie “originaire de” en italien, l’oriundo est un joueur à la mode durant les balbutiements du football, particulièrement de l’autre côté des Alpes.

L’Italie, devenue entre-temps fasciste, cherche à devenir la place forte du football mondial. Malgré une équipe compétitive mais encore trop faible pour jouer les premiers rôles, elle n’arrive pas à passer un cap. Les dirigeants du football transalpin soumettent alors une idée à Benito Mussolini : celle de naturaliser les descendants sud-américains ayant des origines italiennes. Le Duce, qui voit dans le football un moyen de diffuser son idéologie, ne s’oppose pas à l’idée et l’encourage. C’est ainsi que dès la fin des années 1920, des oriundi viennent garnir les rangs de la Nazionale.

Les pionniers s’appellent Julio Libonatti, Renato Cesarini, Attilio Demaría ou encore Enrico Guaita. Ces joueurs, nés et formés en Argentine, ont tous connu une carrière en Serie A et en sélection italienne. Mais ces précurseurs n’ont pas seulement permis à l’Italie de remporter ses premiers trophées mondiaux, ils ont aussi ouvert la voie à un mouvement qui perdure encore de nos jours et qui fait pleinement partie de la recette victorieuse que la Squadra Azzura connaît désormais si bien.

Le tournant de la fin du siècle

Durant les décennies suivantes, le joueur argentin continue de s’exporter avec succès dans la Botte italienne. Une période d’ouverture qu’entame le Calcio, car tous ne sont pas oriundi. Rinaldo Martino, Omar Sívori ou Bruno Pesaola, pour ne citer qu’eux, incarnent alors une certaine continuité dans la solidification des liens italo-argentins.

Olé, olé, olé, olé, Diego, Diego !

Le tournant majeur de ce corridor footballistique arrive dans les années 80 et 90. La Serie A, alors au début d’une nouvelle apogée et qui lorgne souvent sur les magiciens venus d’autres pays, se tourne vers son frère sud-américain. En l’espace de quelques années, c’est une pléthore de joueurs qui viennent garnir les rangs d’un Calcio à l’accent rioplatense. Daniel Bertoni, légende du Rojo d’Independiente, file à la Fiorentina puis au Napoli, avant de terminer sa carrière dans le Frioul, à l’Udinese. Le Kaiser Passarella lui aussi file à Firenze puis à chez les Nerazzurri avant de revenir au pays et Ramón Díaz, ancien Millonario, choisit lui aussi de faire un tour par la Viola, avant de bifurquer dans d’autres clubs, comme le Napoli. Une filière à succès impressionnante et qui ne va pas se tarir lors des décennies suivantes.

Evidement, lorsqu’on parle de Naples, un nom vient immédiatement en tête : Diego Armando Maradona. Le Pibe de Oro est de très loin l’argentin le plus iconique du football italien des années 80, et plus globalement, l’argentin ayant le plus marqué la Serie A. Avec son Napoli, Maradona tient tête aux plus grands clubs transalpins, avec la Juventus de Platini et de Boniek en chef de file. Raflant deux titres de champion, une Coupe d’Italie, une Super Coupe et une Coupe de l’UEFA, el Diego écrase, de tout son talent et de toute sa classe, un Calcio Italiano grandiose.

Maradona, le plus Napolitain des Argentins. Adopté par tout un peuple, il est l’emblème ultime de la relation entre l’Italie et l’Argentine.

Seule petite ombre au tableau de la relation entre Diego Maradona et l’Italie : le Mundiale 90. Organisé dans une Italie bouillonnante, les locaux déroulent et se hissent jusque dans le dernier carré de la compétition. En demi-finale, la Nazionale affronte son frère argentin au San Paolo de Naples. Diego, qui mène l’Albiceleste, évolue dans son jardin et énorme surprise, dans un stade complètement acquis à sa cause. Pendant plus de 120 minutes, les supporters napolitains poussent en faveur de l’Argentine. Et lorsque l’Albiceleste s’impose aux tirs aux buts, un cri déchirant s’élève de la cabine des commentateurs : Siamo Fuori. Paradoxalement, c’est tout un stade qui explose de joie et qui rêve d’un sacre gaucho.

Alors le jour de la finale, quand el Himno Nacional Argentino retentit, le Stadio Olimpico, qui n’a pas oublié la déconfiture de la demi-finale, siffle et hue de toutes ses forces l’hymne argentin. Un affront terrible en mondiovision qui ne passe pas pour Diego, qui cale deux “hijos de pu*as” entre les paroles du chant patriotique. Une blessure profonde qui, même après sa carrière ne s’est jamais vraiment refermée et qui a ravivé les braises d’une rivalité sportive toujours brûlante.

Plus qu’un simple joueur de foot, le Pelusa est devenu un demi-Dieu, un symbole quasi-mystique dans les rues de Naples. Des autels entiers lui sont dédiés, où des bougies posées ici et là, fondent comme neige au soleil, autour de dizaines d’icônes et de chapelets. Alors quand Diego s’est endormi définitivement, un triste jour de novembre, c’est le cœur de l’Argentine, mais aussi celui de Naples, qui s’est arrêté de battre.

Le romantisme des novanta

Les années 90 sont dans la continuité des dix dernières années. La Serie A, devenue terre d’accueil propice pour les joueurs argentins, continue de jouer son rôle d’incubateur. Mais c’est précisément la fin de cette décennie qui va entrer dans la légende. Une époque bénie, souvent considérée comme la meilleure période du championnat italien et remplie d’équipes et de joueurs passés depuis à la postérité.

Gabriel Batistuta, venu à la Fiorentina dès 1991, s’éclate complètement en Serie A. Capocannoniere puis meilleur buteur de l’histoire de la Viola, Batigol est couronné roi de Florence avant de s’envoler pour la Roma. Javier Zanetti, transfuge de Banfield et oriundo, est devenu un joueur majeur de l’Inter Milan, avant de devenir le symbole puis le vice-président des Nerazzurri. Le Cholo Simeone lui, fait les beaux jours de Pisa, puis de l’Inter avant de connaître son firmament dans la Lazio de Matías Almeyda et de Sven-Göran Eriksson.

Cheveux longs, mèches blondes, maillots trop grands et sponsors iconiques. La Serie A des 90′ : souvent imitée, jamais égalée.

Une Argentine qui profite pleinement de l’écrasante domination européenne pour se refaire une santé sportive. L’afflux massif de joueurs venus au pays de Pino D’Angio permet de voir une progression significative avec sa sélection. Une formule d’expatriation qui porte petit à petit ses fruits et qui permet à l’Albiceleste de rafler deux Copa América. Parmi les vainqueurs de celle de 1993 par exemple, trois joueurs ayant joué ou jouant en Italie sont titulaires sur le terrain.

En Italie, c’est Parma qui se mue rapidement en spécialiste ès Argentina. En 1999, l’équipe d’Émilie-Romagne ne compte pas moins de 4 argentins dans son effectif, dont plusieurs ayant des racines italiens (Crespo, Balbo et Sensini). Avec son quatuor gaucho (la Bruja Verón étant le quatrième larron), Parma rafle tout ce qui peut l’être (sauf le Scudetto) et devient un modèle de réussite italo-argentine. Ils sont même un de plus l’année suivante avec l’arrivée du Burro Ortega. Une équipe magique, depuis rentrée dans l’histoire comme l’une des équipes italiennes les plus iconiques du siècle dernier.

Il est sûr que je reviendrai vivre à Parme après ma carrière. Je me sens d’ici même si je ne renie pas mes racines argentines”.

Hernán Crespo, dans une interview accordée à l’annonce de sa retraite.

À 2000 à l’heure

Un championnat devenu véritable cocon pour des argentins toujours plus jeunes et qui n’hésitent plus à traverser l’Atlantique pour tenter leur chance en Europe. En 2000, le Calcio se diversifie et devient un championnat où les cracks gauchos en mal du pays et en difficulté aux quatre coins d’Europe viennent se relancer. Avec plus ou moins de succès.

Des exemples ? Fernando Redondo et le Cuchu Cambiasso, en pleine galère dans une Liga pas encore à son firmament, viennent se relancer à Milan, respectivement chez les Rossoneri pour le premier, à l’Inter pour le second. Souvent blessé, le Principe joue moins d’une vingtaine de matchs en quatre ans et met fin à sa carrière à la fin de son expérience italienne. Pour le Cuchu, c’est un tout autre destin. Vainqueur à plusieurs reprises du Scudetto et d’une Ligue des Champions, Cambiasso devient, avec son compatriote Walter Samuel, une pièce essentielle de l’effectif interiste.

La suite ? Elle est assez simple. Les années 90 et 2000 font des émules et la décennie suivante est du même acabit. Les pibes sont toujours plus nombreux dans un Calcio qui les accueille à bras ouverts. Diego Milito, Carlos Tévez ou encore Ezequiel Lavezzi représentent les fers de lance de cette nouvelle génération qui voit en la Serie A une seconde maison. Des partenariats sont mêmes scellés entre certains clubs (on pense immédiatement à la connexion Racing Club-Inter Milan), facilitant encore plus l’arrivée des promesses sur le Vieux Continent. Pas seulement devenu boussole pour des jeunes joueurs en devenir ou en quête de changement, le football italien a aussi influencé le comportement de l’Albiceleste sur la cancha, conférant, à travers les joueurs évoluant en Italie, plus de discipline et de rigueur tactique.

Il est fort probable que dans le vestiaire de l’Inter Milan des années 2010, on parlait autant italien que espagnol.

Amore, sempre amore

Aujourd’hui, dans un football qui s’est mondialisé à vitesse grand V, les relations sportives entre l’Italie et l’Argentine sont toujours aussi puissantes et aussi prépondérantes. Les Argentins d’ailleurs ne sont pas étrangers au renouveau que connaît la Serie A depuis quelques années. Lautaro Martínez, Paulo Dybala ou encore le Cholito Simeone arpentent chaque week-end les terrains de la Botte et pour cette saison 2021/2022, ce ne sont pas moins de vingt-et-un argentins qui évoluent en Italie.

Une relation fraternelle qui se traduit aussi dans la société argentine plus globalement. Un vieil adage dit que “les Argentins, ce sont des Italiens qui parlent espagnol et qui se prennent pour des Français“. S’il serait faux et insultant de dire que la culture argentine n’est en réalité qu’une sous-culture italienne, il serait malhonnête de dire qu’elle n’a eu aucune influence sur la construction sociétale de l’Argentine.

Aujourd’hui, il est impossible de passer à côté quand vous êtes en Argentine. Partout ou presque en se baladant dans les rues, on peut apercevoir les inspirations gastronomiques ou architecturales issues de cette nation sororale. Son langage est empreint de mots ou d’interjections venant d’Italie (che par exemple, dérivé du c’è). En l’espace de deux siècles à peine, l’Argentine s’est développée et s’est construite grâce à un syncrétisme culturel assez improbable mais qui fonctionne finalement assez bien. Un phénomène qui ne se traduit pas forcément dans les relations diplomatiques ni dans les échanges commerciaux mais qui se vit et se comprend au jour le jour.

Finalement, a contrario des autres pays, les relations entre les Transalpins et les Gauchos ont toujours été claires et bon enfant malgré l’existence d’une petite rivalité sous-jacente entre les sélections. Non-construite sur les ruines d’une colonisation sanglante par exemple, le lien entre les deux pays s’est d’abord construit via les transformations politiques du XIXème siècle. Malgré un retard à l’allumage, les deux communautés se sont finalement réunies autour de troncs communs et notamment autour du football afin de se fédérer définitivement. Cette incroyable histoire, née il y a un peu plus de deux cents ans, d’un hasard malheureux de l’arrachement à sa terre, est devenue aujourd’hui un symbole ineffable de l’histoire de tout un pays.

Crédits Photos : Getty Images

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