Afrique

CAN 2021 : L’Egypte, un espoir retrouvé ?

On se souvient tous de l’Egypte de Shehata, triomphant trois années de suite sur l’Afrique. Depuis 12 ans maintenant, les Pharaons peinent cependant à retrouver leur lustre d’antan. Sept trophées à leur actif et Mohamed Salah à leurs côtés, les Égyptiens y croient encore.

Il est difficile d’aborder cette CAN pour l’Egypte. En effet depuis la dernière édition, à domicile, la fédération a été chamboulée. Changement de président, remaniement du staff, joueurs écartés… c’est une équipe en manque de repères qui s’apprête à disputer sa 25ème CAN. Pourtant, tout cela ne les a pas empêché de décrocher haut la main leur qualification.

On pourrait presque croire que c’eut été fait naturellement, mais les Pharaons ont subi leurs deux premiers matchs face au Kenya et aux Comores. Les choix de l’ancien sélectionneur Hossam El Badry, fraîchement nommé à la tête de l’équipe à ce moment-là, n’ont pas permis de s’imposer avec la manière. C’est seulement un an plus tard, après un long épisode pandémique, que l’Egypte retrouve ses couleurs. Privés de Salah et de Mohamed Elneny, les Egyptiens sont parvenus à s’imposer face au Togo dans un premier temps, puis à concéder un nul face aux Harambee Stars avant de s’offrir les Comoriens sur le score de 4-0.

Malgré les résultats satisfaisants et un accès à la CAN avec douze points sur dix-huit, la fédération a décidé de se séparer d’El Badry pour le professor Carlos Queiroz en cette fin d’année.

Un monument du football africain

Après avoir fait partie avec l’Ethiopie, l’Afrique du Sud et le Soudan des fondateurs de la Confédération Africaine de Football fondé en 1957, les Pharaons remportent la première édition de la CAN, la même année, en écrasant l’Ethiopie 4-0 en finale. L’Egypte remet en jeu son titre en 1959 en tant que République arabe unie, qu’elle garde finalement à la maison.

Après un long silence de 27 ans, les Égyptiens reviennent sur le devant de la scène, à domicile, en remportant leur troisième étoile en dix participations seulement. Il aura fallu attendre Hossam Hassan et ses sept buts pour revoir les Pharaons souverains de l’Afrique en 1998.

Huit ans plus tard, l’Egypte réalise un exploit encore inégalé jusqu’aujourd’hui. Celui d’avoir remporté trois CAN d’affilées : 2006, 2008 et 2010. Ce qui fait d’eux la nation la plus titrée d’Afrique. Cette génération dorée composée de joueurs tels que Essam El Hadary, Mohamed Aboutrika, Mohamed Zidan, Hossam Mido, Mohamed Gedo, a marqué de son empreinte l’histoire du football africain. Et ce sous les directives d'”El Mualim” (le professeur) Hassan Shehata. Un contraste un peu paradoxal puisqu’ils n’ont jamais réussi à accéder à la Coupe du Monde sur cette période.

Finale de la CAN 2010, victoire de l’Egypte 1-0 face au Ghana.

Cet exploit laisse place à un trou noir avant leur retour en 2017 où ils créeront la surprise. Finalement, ils seront rattrapés par le Cameroun en finale, qui les battra 2-1 à la dernière minute. Hôte de la CAN 2019, nostalgique de l’édition 2006 à domicile, l’Egypte est grand favori. Cet excès de confiance et le jeu désastreux proposé par l’équipe les sortiront en huitième, à la maison. Une nouvelle déception pour des Pharaons qui veulent retrouver la gloire.

Une équipe redoutable sur le papier

2022 sonne comme une année décisive pour l’Egypte : nouveau coach, nouvelles têtes et surtout nouvelles ambitions. Carlos Queiroz, ancien sélectionneur de l’Iran, est venu à la rescousse d’un édifice en perdition. Dès son arrivée, il ramène de la fraîcheur en ramenant Omar Marmoush, pensionnaire de la Bundesliga et jeune talent (élu rookie du mois d’octobre).

Le technicien portugais a directement imposé sa patte sur le collectif égyptien. Il opte pour un 4-2-3-1 qui peut se transformer en 4-3-3. Dans le jeu, ce schéma se traduit par un pressing de tous les instants pour étouffer les adversaires et qui commence par la ligne offensive. Mostafa Mohamed, avant-centre du Galatasaray, et même Mohamed Salah, ne sont pas épargnés par le travail défensif. Ces répétitions d’efforts poussent les équipes adverses à l’erreur, l’Egypte gagnant ainsi beaucoup de pénaltys depuis l’intronisation de Queiroz (5 pénaltys remportés en 10 matchs).

Queiroz construit son équipe autour d’El Shenawy, premier rempart et joueur à caractère d’Al Ahly. Derrière, le sélectionneur peut s’appuyer sur une charnière de colosses avec Hegazy, le défenseur expérimenté d’Al Ittihad Jeddah, et El Wensh (Zamalek) pour repousser les offensives adverses. Quant aux joueurs Ahmed Fatouh et Akram Tawfik, pistons des clubs de la capitale, ils sont des latéraux possédant des qualités aussi bien défensives qu’offensives. Composé d’un milieu à trois, Amr Al Sulaya (Al Ahly) vient jouer en tant que 6 pour intercepter et distribuer les ballons en direction des deux milieux récupérateurs que sont le Gunner Elneny et le doyen de Pyramids FC, Abdallah Al Saïd.

Le onze type de l’Egypte.

Enfin, de 2019, seul Salah a survécu aux changements du sélectionneur. La star du continent joue aux côtés du futur grand espoir égyptien : Mostafa Mohamed. Ce duo est complété par la récente intégration d’Omar Marmoush qui vient palier l’absence de l’ailier des Villans Mahmoud Trezeguet, blessé.

Le joueur à suivre

Il est évident que nous n’allons pas évoquer Mohamed Salah, meilleur joueur de la sélection et brillant en club. La nouvelle pierre de saphir égyptienne se nomme Omar Marmoush.

En prêt à Stuttgart, Marmoush ne s’est pas fait attendre pour se faire connaître. Il a fui le pays discrètement où il n’était apprécié à sa juste valeur pour montrer ce qu’il valait à l’étranger, en Bundesliga. Le nouvel ailier gauche égyptien a connu sa première sélection en octobre. Titularisé lors des deux matchs contre la Libye pour les éliminatoires de la Coupe du Monde, Omar Marmoush a montré à toute l’Afrique ce dont il était capable. Buteur au match aller (et quel but !), passeur au retour. Il était l’homme providentiel de cette trêve internationale côté égyptien.

En prêt à Stuttgart, Omar Marmoush brille en Bundesliga.

Possédant des qualités techniques au-dessus de la moyenne, il peut jouer sur l’aile gauche ou bien en tant qu’attaquant de pointe, notamment grâce à son explosivité et sa très bonne occupation des espaces. Son jeu manque encore de maturité et de vista. Ses capacités techniques, dans le contrôle du ballon ou par sa tendance à faire le dribble de trop, font de lui un joueur pas encore mûr. Du haut de son mètre quatre-vingt-trois, il compense ce manque d’expérience par une qualité de frappe et un jeu des deux pieds à rendre fou beaucoup de défenseurs.

Queiroz place clairement ses attentes en lui et c’est à son tour de prouver, aux côtés de grands joueurs tels que Salah et Elneny, qu’il peut aider l’Egypte à retrouver le sommet. Et ce même si la pression ne lui sourit généralement pas.

Le groupe

D’entrée de jeu, l’Egypte affrontera un favori en s’opposant au Nigeria d’Osimhen, tout même fragilisé par le départ de son entraîneur à un mois du début de la compétition. Elle abordera d’une tout autre manière les rencontres qui suivront. Les septuples champions d’Afrique affronteront la Guinée-Bissau et le Soudan qu’ils ont déjà étrillé en Coupe Arabe par 5 buts à 0 il y a quelques semaines. Sur le papier, le groupe est tout à fait abordable et laisse entrevoir l’éventualité d’une qualification pour les huitièmes. Pour se faciliter la tâche, l’Egypte se doit de finir première afin d’éviter les deux monstres du groupe E : l’Algérie et la Côte d’Ivoire.

Lueur d’espoir ou réelle progression, Queiroz et ses 28 acteurs auront à confirmer et à assumer le poids de l’histoire égyptienne qui pèse sur eux. Quant à nous, rendez-vous le 11 janvier prochain pour l’entrée en lice des Égyptiens face aux Super Eagles.

Crédit photos : Getty Images

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